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Des climats et de l'influence qu'exercent les sols boisés et non boisés / par M. Becquerel
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I)ES PHÉNOMÈNES PÉJUODIQÜES. 49

moyenne est 10 °,8, la flore renferme en grande proportion des famillesde la zone chaude , mais dont les espèces sont différentes. Les cruci-fères sont remplacées par le pin commun ; les sapins, les mélèzes, lesamentacées, par les chênes, coudriers, hêtres, bouleaux, aunes,saules, etc., qui perdent leurs feuilles pendant l’hiver.

Londres et Berlin, ayant pour température moyenne io°,4et 10°,I,sont également situées dans la deuxième zoue.

En s’avançant vers le Nord, on voit diminuer graduellement lenombre absolu des espèces, ainsi que le nombre relatif de celles decertaines familles. Les espèces appartenant aux malvacées, cistinées,cuphorbiacées, disparaissent tout à fait. Sur les côtes de la Scandi-navie , le hêtre cesse de se montrer au delà du 59 e degré, et le chêneau delà du 61 °, à la limite de la zone tempérée froide.

La zone sous-arctique, qui suit la précédente, est peuplée d’arbresverts pouvant résister à de grands froids, en raison de la résine qu’ilsrenferment.

Le sapin cesse de se montrer vers le 68 e degré. Le pin va jusqu’au70 e degré, et le bouleau va un peu plus loin : au delà, on ne4en-contre plus que des arbrisseaux peu élevés.

Vers l’extrémité de la Laponie, on entre dans la région polaire arc-tique, où il ne croît que des arbrisseaux très-bas. Le bouleau nain semontre jusqu’au 7 I e degré, où la végétation ne se réveille que pen-dant quelques semaines pour donner naissance à des végétaux sous-fructuescents, chétifs et clair-semés.

La seconde zone polaire, ou zone polaire proprement dite , est larégion des plantes alpines; le Spitzberg s’y trouve compris.

On conçoit comment il se fait que les hautes montagnes , depuisleurs bases jusqu’à leurs cimes couvertes de neige , présentent les mê-mes flores que l’on rencontre successivement en s’avançant sous deslatitudes plus élevées.

La similitude entre les flores des montagnes à différentes hauteurset celles des régions situées au même niveau, à des latitudes de plusen plus élevées, met bien en évidence l’influence de la chaleur sur ladistribution des végétaux à la surface de la terre.