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Des climats et de l'influence qu'exercent les sols boisés et non boisés / par M. Becquerel
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DES CLIMATS. -104

27°,5, tandis qu’elle n’est que de 25°,5 loin des côtes, en pleinemer.

Très-rarement l’océan Équinoxial atteint le maximum de 28°, etjamais on ne l’a vu au-dessus de 30°,6 ; l’atmosphère, dans le bassindes mers, ne s’élève que bien rarement à 29°, et peut-être jamais à 32°.On voit là un contraste bien marqué entre les deux états calorifiques.D’après ce qui précède, on conçoit quelle influence une plus grandeétendue de terre sous l’équateur doit exercer sur les climats des con-trées placées sous les mêmes méridiens.

Des effels semblables sont produits, en dehors des tropiques, dansles zones tempérées, selon que le sol est dénudé, couvert de plantescourtes ou élevées, ou de forêts ; il résulte alors de l’inégalité deréchauffement une différence dans la température des courants d’airascendants, et par suite des vents locaux.

Le prolongement des terres vers les pôles intervient sur la distribu-tion de la chaleur, de même que le rapport des terres et des mers sousles tropiques, attendu qu’il tend à diminuer le froid des régions po-laires. Les exemples suivants, cités par M. de Humboldt ( Asie cen-trale, 1.111, p. 178), en fourniront la preuve : « Au nord du détroit« de Behring, la ceinture de glace polaire est limitée en été par une« ligne sinueuse dirigée du sud-ouest au nord-est; elle se maintient,« selon la température de l’année, tantôt dans le parallèle du cap« Smylh, tantôt dans celui du cap Collie (latit. 70° 1/2 à 71° 1/4),« passant du continent de l’Amérique à celui de l’Asie. Aussi le froid« de ces contrées est-il si intense que, même dans les mois de juillet et« d’août de l’année 1827, l’expédition du Blossom y a trouvé, par les« vents du nord et nord-ouest (malgré l’influence d’un courant du« sud-ouest qui amène des eaux de 5 °,4 à 6°,6), une température« moyenne de l’atmosphère qui s’élevait à peine à 4° 1/2. Les variationsa étaient de 0° à 8°. Sur le même parallèle, en Laponie, au cap« Nord de l’île Mageroé, dans des régions qui cependant se trouvent« aussi enveloppées en été de ces brumes qui entravent l’action du« soleil, la chaleur moyenne de juillet est encore de 8°. Plus loin des« côtes, à Alten (lat. 71°), M. Léopold de Buch l’a trouvée de 17°5.

« Dans l’hémisphère austral, les extrémités pyramidales des conti-« nents, qui se prolongent inégalement vers le pôle Sud, offrent le« climat des îles. Des étés d’une température très-basse sont suivis, au« moins jusqu’aux 48° et 50° de latitude, d’hivers peu rigoureux ;« d’où il résulte que les formes végétales de la zone torride, les fou-« gères en arbre et de belles orchidées parasites, peuvent avancer au