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Des climats et de l'influence qu'exercent les sols boisés et non boisés / par M. Becquerel
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CHAPITRE VI.

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elle n’est que de 14° ; sous le parallèle de Charleston elle est de 20 °,et les eaux en dehors de 14° ; près du banc de Terre-Neuve, elle n’estplus que de 7° ou 8°.

L’influence calorifique des courants sur les climats est manifestedans certaines contrées : prenons le grand courant austral central quivient heurter la côte du Chili, et dont une des portions remonte versl’équateur, et l’autre descend vers le cap Horn.

Les mesures de température des eaux du courant, avant qu’il aitatteint les côtes de l’Amérique, ne laissent aucun doute à cet égard. Eneffet, entre le 105 e et le 90 e degré de longitude, au mois de janvier, lethermomètre marque 4° au-dessus de zéro, tandis qu’après avoir tou-ché la côte, la branche qui se dirige sur le cap Horn a une tempéra-ture de 9° dans les parages mêmes du cap. Cet effet ne peut pas êtreattribué à la chaleur continentale en raison de la basse température,mais bien à ce que, depuis le point de départ de cette portion de cou-rant, la température de la mer est supérieure à celle de l’air ; sur lescôtes du Pérou, le contraire a lieu. Ainsi la branche principale ducourant, partie du pôle austral, s’échauffe en s’approchant de 30° delatitude, à tel point que le courant prend une température supé-rieure à celle du Chili, dont il améliore le climat; tandis que lapartie qui se dirige vers le nord, ayant une température moyenneinférieure à celle du Pérou, va nécessairement abaisser celle-ci.Cette influence de la température du courant sur celle des côtes apermis d’expliquer certains faits qui n’avaient pu l’être jusqu’ici.Au Pérou, où la température est très-adoucie par l’action du cou-rant, les habitants ont pu cultiver eux-mêmes les terres sans le se-cours des esclaves, et par conséquent les colonies espagnoles ontpu s’y conserver intactes. Il n’en est pas ainsi au Brésil, sous les mêmesparallèles, où les chaleurs excessives ont obligé les Portugais à avoirrecours aux esclaves africains pour la culture du sol ; on explique parla môme raison comment la végétation présente les mêmes caractèresau Chili qu’à la Terre de Feu, et pourquoi les colibris se trouvent de-puis le Chili jusqu’au cap Horn.

Les courants du pôle Nord offrent également des effets très-remar-quables. Ce sont eux qui amènent sur les côtes d’Islande une énormequantité de glaces qui remplissent les golfes septentrionaux. Quel-quefois, au lieu de glace, ils y transportent des amas immenses debois flottants. Ces bois, suivant toutes les apparences, arrivent deSibérie, d’autres courants en apportent de l’Amérique septentrionale.