DES CLIMATS. 405
On y a même reconnu des espèces qui ne croissent qu’au Mexique etau Brésil.
M. Babinet, en s’appuyant sur la théorie des vents alizés d’IIalley,a essayé de donner une explication des grands courants marins. Lathéorie des vents alizés, comme on le sait, repose sur le principesuivant : Si, en un point quelconque du globe, une colonne d’airvient à être échauffée, l’air froid à droite et à gauche de cette colonnes’écoule à la surface du sol vers ce point, et alors dans les partiessupérieures il doit exister des courants gazeux en sens inverse quiviennent épancher les colonnes d’air soulevées par la dilatation au-dessus de leur véritable niveau. En partant de ce principe, on expliquecomme il suit les vents alizés : La température décroissant avec la lati-tude, surtout rapidement vers le parallèle de 4o°, et les masses d’airsous les tropiques étant plus échauffées que dans les latitudes élevées,il y a afflux d’air à la surface du globe vers l’équateur et courantsinverses supérieurs qui doivent déverser l’air de l’équateur vers leslatitudes élevées. Suivant cette explication, dans une certaine étenduede chaque côté de l’équateur, il ne devrait donc y avoir à la surfacedu globe que des vents du nord et des vents du sud; mais comme il ya changement de vitesse de l’air dans le sens de chaque méridien parsuite du mouvement de rotation de la terre, ce changement intervientdans le phénomène : eneffet,toutesles partiesde l’atmosphère tournentavec la terre ; lorsque, par suite de l’inégal échauffement de la sur-face du globe, les particules d’air inférieures sont apportées des pôlesvers l’équateur, ou d’une région dans laquelle elles ont une certainevitesse, dans une autre où elles ont une vitesse moindre que celledes particules qui s’y trouvent, elles semblent se mouvoir en sensinverse du mouvement de la terre, et il se produit alors un vent di-rigé de l’est à l’ouest. Mais comme les molécules ont déjà une certainevitesse des pôles vers l’équateur, elles obéissent à la résultante des deuxactions, et l’observateur se trouve impressionné comme s’il y avaitdans la région boréale de l’équateur un courantconstantinférieurN. E.,et dans la région australe un courant constant S. E. : ces deux courantsse dirigent vers l’équateur. Telle est la théorie des vents alizés de Hal-ley, et qui est généralement adoptée.
D’après une cause analogue, M. Babinet pense que les eaux dela mer à l’équateur et sous les tropiques, ayant constammentune température plus haute que celle des eaux des régions polaires,ont une densité moindre et un niveau plus élevé que ces dernières;l’équilibre des mers est alors rompu, les eaux polaires se précipitent