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Des climats et de l'influence qu'exercent les sols boisés et non boisés / par M. Becquerel
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DES SOLS BOISÉS ET NON BOISÉS. J 83

capour. Labondance de lhydrogène sulfuré dans lair est dénoncée parla rapide altération quy subit la détrempe au plomb dont sont en-duites les maisons de lile, phénomène quon remarque également dansles îles coralliques voisines de Sincapour. (Journal cité, 1848, p. 469.)

Dans ces vallées marécageuses, qui se forment après la disparitiondes grandes jongles, la décomposition des matières végétales sopèrebeaucoup plus rapidement, et ces vallées deviennent véritablement em-pestées ; les hommes les fuient, et on ny rencontre guère que des gre-nouilles et des serpents.

Les côtes de la Nouvelle-Guinée et les îles basses qui lentourentsont garnies darbres à tiges majestueuses, on y trouve 1 epterocar-pus indiens et le marsupinus.

Larchipel des Moluques renferme des forêts périodiquement inon-dées par les eaux de la mer (i). Les Philippines ont des forêts viergescomme celles que lon trouve en Amérique.

Si lon quitte iHindoustan pour se diriger vers louest, la scènechange. Le passage suivant de Strabon prouve que, de son temps, cesrégions étaient déjà peu boisées (2). « Entre lHydaspeet lAcésine est le« pays de Porus (le nom actuel deLahore, anciennement Lopore,« rappelle celui de Porus), pays fertile et vaste, qui comprend près de« 300 villes. Cest encore entre ces deux fleuves quon trouve la forêt« voisine des monts Émodes. Alexandre y fit couper et transporter«surlHydaspe des sapins, des pins, des cèdres, et diverses autresa espèces de bois propres à la construction des vaisseaux (3). Alexandre,«traversant un pays stérile, eut beaucoup à souffrir dans toute sa

« route.Dautres accidents se joignirent au

« défaut de vivres pour rendre cette expédition malheureuse. La cha-« leur était excessive, le sol profondément sablonneux et brûlant. »

La contrée dont parle Strabon comprend lAfghanistan et le Khora-çan, qui ne renferment, comme de son temps, que très-peu de forêts,ainsi que les deux versants des montagnes de lHindou-Koh. Mais ilexiste dépaisses forêts dans lAk-Tagh, montagne qui occupe la partieseptentrionale du Khokhan et qui sétend jusquà Samarcande.

La Perse, qui a été Je théâtre de guerres et de révolutions san-glantes, a perdu la plus grande partie de ses forêts : il nen existe plusquun petit nombre dans les montagnes du Mazandéran, du Ghilan etdu Kourdistan; mais elles redeviennent abondantes en remontant versle Caucase, principalement vers lImérétbie, lon en trouve déten-

(1) Botanique des voyages de YUranie et de la Physicienne, p. 42 et suivantes.

(2) I.iv. XV, p. 36. Trad. française de Miot.(3) Même ouvrage, p. 99.