CHAPITRE I.
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ducs, peuplées de hêtres, de charmes, de noyers, de châtaigniers.Nous citerons particulièrement la forêt d’Adjamet, près de Vartsiklis,l’anciemic Rhodopolis (l). Cette partie ne paraît pas avoir été dé-boisée. Suivant Strabon (2), la chaîne de montagnes du Caucase, s’é-tendant du Pont-Euxin à la mer Caspienne, forme l’isthme qui sépareles deux mers.... Cette chaîne abonde en arbres de tonte espèce,même en bois de construction. Nous savons aujourd’hui que, dansl’Àrarat, la végétation a de l’analogie avec celle du Caucase, qui pro-duit des chênes et des noyers (3).
L’Asie Mineure, qui, depuis les temps les plus anciens, renfer-mait des centres de civilisation, ainsi que la Mésopotamie, l’Assy-rie, la Syrie et l’Égvpte, ont vu tomber également leurs forêts. Dutemps même de Strabon, elles étaient déjà considérablement réduites,puisqu’il en fait à peine mention. Dans la partie méridionale, aucommencement de notre ère, les forêts étaient déjà clair-semées,comme le mentionne Vibius Sequester, qui ne décrit, dans cette partie,que les forêts de Thymbra, en Pbrygie, et de Claros (4).
Quelques provinces du littoral, qui se trouvaient sans doute sousun climat plus privilégié, comme la Lycie et la Cilicie, conserventquelques-unes des forêts mentionnées par les anciens; ainsi, dans laLycie, on voit encore des massifs de chênes, de platanes et de pins,qui s’élèvent jusque dans la partie montagneuse, et couvrent la Cara-manie. La Cilicie nous montre aussi quelques-unes de ces forêts decèdres dont parle Procope (5).
Strabon nous dit encore (6) : « Tandis que toute la Cappadoce« manque de bois, l’Argæus est couvert d’une forêt qui peut en four-« nir aux environs. » Et en parlant des Chaldéens, des Chalybes (?) :
« C’est dans leur territoire qu’est située Pharnacie.La côte,
« dans ces lieux, est en général fort étroite, parce qu’elle est im-« mediatement sous des montagnes pleines de mines et couvertes de« forêts.
« Toute la montagne Taryadrès fournit bien des positions propres à« l’usage qu’en fit Mithridate, car elle a beaucoup d’eaux et de forêts.»
Quant à l’Assyrie, qui avait pour capitale Babylone, sur le Tigre,voici en quels termes Strabon décrit son sol et ses cultures (s) :
« Sur le golfe d’Adramyttium est Antandros, située au-dessous de
(1) Dubois de Montpéreux, Voyage autour du Caucase, t. II, p. 202.
(2) Liv. XI,p. 205.—(3) F. Parrot, Reise zumArarat, ch.I er , p, 176 (Berlin, 1834).
(4) A. Maury, p. 99.—(5) De Ædificiis, liv. VI, p. 322, édit. Dindorf, A. Maury,
p. 99. — (6) Liv. XI, p. 14. — (7) Liv. XII, p. 43. — (8) Liv. XIII, p. 198.