DES SOLS BOISÉS ET NON BOISÉS. 187
En Égypte, la civilisation a fait disparaître de bonne heure les forêtsqui devaient couvrir les deux chaînes limitrophes de la vallée du Nil.On ne trouve plus aujourd’hui dans la Thébaïde que quelques pal-miers isolés, restes de cette végétation forestière au milieu de laquellese trouvait Thèbes.
Comme preuve de l’existence d’anciennes forêts en Égypte, oncite la forêt pétrifiée qui existe aux environs du Caire, au delà destombeaux des califes (l). On trouve sur le sol des troncs abattusde toute longueur, et dont les incrustations ont laissé intactes toutesles formes des arbres qui couvraient la contrée il y a des milliersd’années.
Dans le Fezzan, on ne trouve que le tholh (acacia gummifera) quipuisse produire des massifs épais, à raison de la nature de ses racines,qui s’accommodent d’un sol pierreux. James Richardson a trouvé desforêts assez étendues de cette essence dans le Sahara (2).
Sur les côtes de la Libye et de la Cyrénaïque, les essences forestièresont disparu depuis bien des siècles, parce qu’elles étaient plus à portéedes populations qui s’aggloméraient, et de celles qui se livraient aucommerce maritime.
Le déboisement, dans la Mauritanie Césarienne et Sitifienne, a faitdisparaître jadis une grande partie de la végétation arborescente.Dans la Mitidja et la province d’Oran, on trouve, dans des partiesdont le sol est stérile, des traces de cette végétation.
Dans la province de Constanline et de Philippeville, aux bords duRommel, et dans un pays jadis si peuplé et si bien cultivé, on netrouve plus aujourd’hui un seul arbre, si ce n’est dans les vallées dela Seïbouse, qui sont ombragées par un chêne d’une espèce particu-lière, celui de l’Édough (3). «. Ce chêne zan, dont le port rappelle le« châtaignier, constitue de superbes massifs qu’on retrouve aussi dans« l’Édough, chaîne qui s’étend à l’ouest deRône. Le chêne liège abonde« dans les forêts du cercle de la Galle.
« Les montagnes de la Kabylie sont garnies de belles forêts, dans cha-« cune desquelles prédomine une essence spéciale. Dans l’Ak’fadou, la« plus considérable de toutes celles de cette contrée (4), c’est le chêne
(1) Asiatic journal, série 3, vol. III, p. 359 (1844). — (2) Travels in the greatdesert of Sahara, vol. II, p. 253, 273 (London, 1848). — (3) Alt. Maury, ouvragecité, p. 93.
(4) La forêt de l’Ak’fadou se lie aux bois de l’Afroun et de l’Adrer-ez-Zan pour neformer qu’un même massif. L’espace désert compris entre ces trois sommets n’apas moins d’une journée de marche d’étendue dans tous les sens, ce qui porterait