DES SOLS BOISÉS ET NON BOISÉS. 205
de France. La Sologne formait jadis une vaste forêt, interrompue pardes landes, des marécages, de même que l’antique et immense forêtdes Ardennes, qui ne présente plus aujourd’hui que des débris épars.En effet, à l’ouest, les forêts de Montrichard et de Chaussy, le boisRoyal et le bois de l’Homer, qui entourent PonHe-Voy à une certainedistance, devaient être réunis et se rattacher, d’une part au nord, auxforêts de Russy et de Boulogne, dans les environs de Blois ; de l’autre,au sud, à la forêt de Grosbois, et à l’est aux bois de Sassay et à ceuxde Cheverny. En remontant la Loire jusqu’à Orléans, on rencontred’abord le bois de la Ferté, qui n’est qu’un démembrement de la forêtde Boulogne; puis le bois de Puly, qui va jusqu’à Jouy, la vieille forêt,les bois d’Ardon, de Mézières, le bois Gibault et les bois de Saint-Père,qui étaient tous réunis jadis ; enfin une foule de bouquets, qui s’éten-dent de la Ferté-Saint-Aubin à Yiglain et entourent la Motte-Beuvron,Menestreau, Vouzon et Souvigny.
Dans la partie centrale de la Sologne, entre Cheverny, Nouan etSelles-sur-Cher, il a dû toujours exister une vaste étendue couverted’étangs et de marécages, coupée toutefois par une ligne de forêts donton retrouve les restes dans celle de Bruadan et dans une série debouquets de bois qui s’étendent jusqu’à Chaon.
La partie orientale de la Sologne n’était pas moins boisée que lapartie occidentale, à en juger par les démembrements qui nous res-tent. Entre Graçay et Vierzon se trouvent les forêts de Vierzon et deSaint-Laurent; plus loin, la forêt d’Allogny, qui faisait partie jadisdes deux précédentes; plus à l’est, autour deHenrichemont, se mon-trent encore les forêts de Saint-Palais et d’Ivoy-le-Pré, les bois deHenrichemont et de Boucard, qui se reliaient ensemble an moyen debouquets de bois répartis dans les intervalles. Enfin, dans les partiesde la Sologne comprises entre la ligne qui joint Blancafort et Concre-sault à la Loire, on trouve encore des témoins d’anciennes forets.Nous citerons encore comme preuves les faits suivants :
Entre Prély—le-Chétif et Méry-ès-Bois (Cher), sur une étendue de8 kilom., il existe, en partant de Prély, un communal borné, d’uncôté, par une petite rivière, et de l’autre par un bois appelé les Ruesses,qui appartient une partie à l’État et l’autre à la commune de Prély,et d’une contenance d’environ 2,500 hectares. Ce bois, qui couronneun faîte, se trouve aujourd’hui dans un état déplorable de dépérisse-ment; on y trouve une quantité énorme de vieilles souches; son solest sec comme celui de la Sologne environnante. Les communauxvoisins qui entourent ce bois étaient, autrefois couverts de bois, à en