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Dans le Vivarais, le Velay et l’Auvergne, on trouve encore une suitede montagnes couvertes d’arbres. Dans les deux dernières provinces,les vastes châtaigneraies qui existaient dans le xn e siècle sont aujour-d’hui très-éclaircies. Nous citerons particulièrement la forêt de Cey-roux (Haute-Loire), qui n’est plus qu’un taillis de hêtres et de chênesde peu d’étendue (t).
Dans la Corrèze et certaines parties des Cévennes, où il n’y a surle roc qu’une légère couche de sable, jamais il n’a existé de bois ;mais là où les roches feldspathiques ont fourni, par leur décompo-sition , un sol d’une certaine épaisseur, la végétation n’a jamais cesséd’être vigoureuse; les chênes et les châtaigniers y atteignent des hau-teurs considérables.
On retrouve à chaque pas, dans les vallées des Alpes françaises, desvestiges d’anciennes forêts, qui montrent en même temps que cer-taines espèces de conifères ont disparu. Je citerai notamment le cantonde la Grave, sur les bords de la Romanche, où le dépeuplement desarbres verts a été porté si loin, que les habitants de ce canton sontréduits à se chauffer avec de la bouse de vache'séchée au soleil ( 2 ).
On ne retrouve plus qu’un seul témoin des anciennes forêts al-pestres, dans le bois qui occupe le versant du torrent de Gleizette, àl’est de Veynes (3). Nous entrerons dans plus de détails à cet égard entraitant du déboisement des Alpes.
Je me suis borné à tracer à grands traits le lableau des forêts desGaules, afin que le lecteur puisse se faire une idée de ce qu’ellesétaient jadis, et de ce qu’elles sont devenues par l’effet des causes quej’examinerai séparément.
(I) Alf. Maury, ouvrage cité, p. 281. — (2) Dralet, Traité des arbres résineux,1820, p. 57— (3) Ladoucetle, Histoire topographique des Hautes-Alpes, troi-sième édition, p. 428. ;