ÉTAT FOHBSTIJEB DE I, AMÉRIQUE. 243
i re zone (tierras cultivadas). Elle comprend toutes les terres culti-vées sur le littoral jusqu’aux premières chaînes de montagnes ;
2 e zone (zona de los pastos), zone des pâturages, ou savanes;
3e zone ( zona de los bosques ), située au delà de l’Orénoque , etdans laquelle on pénètre au moyen des rivières qui la traversent. Cettedernière zone renferme des plaines et des montagnes, et se rattache àla vaste région forestière qui occupe le nord du Brésil.
La zone forestière englobe une superficie de 120,000 lieues carrées,depuis le 18° de latitude sud, jusqu’aux 7° et 8° lat. nord, et présenteune superficie six fois plus grande que la France. En général, elle nes’étend pas à l’ouest, à cause des pampas de Iluanacos, au delà des pa-rallèles des 18 ° et 19° de latitude méridionale; mais elle s’avance versl’est, dans les capitaineries de Saint-Paul, de Rio-Grande, de mêmequ’au Paraguay, sur les rives du Panama, jusqu’au 25° lat. sud (l).
Il existe également des forêts dans la première zone, mais elles sontd’une étendue moindre et d’un aspect moins grandiose. Sur le litto-ral , elles sont composées de mangliers et de cactiers, plantes qui viventen société comme les bruyères.
« Partout où les mangliers se fixent sur les bords de la mer, dit« M. de Humboldt (2), la plage se peuple d’une infinité de mollusques et« d’insectes. Ces animaux aiment l’ombre et le demi-jour ; ils trouvent« de l’abri contre le choc des vagues entre cet échafaudage de racines« épaisses et entrelacées qui s’élèvent comme un treillis au-dessus de« la surface des eaux. Les coquilles s’attachent à ce treillis ; les crabes« se nichent dans le creux des troncs. Les varechs, que les vents et« la marée poussent vers les côtes, restent suspendus aux branches« repliées qui se dirigent vers la terre. C’est ainsi que les forêts ma-« ritimes, en accumulant un limon entre les racines, agrandissent le« domaine des continenls; mais à mesure qu’elles gagnent sur la mer,« elles n’augmentent presque pas en largeur ; leurs progrès mêmes« deviennent la cause de leur destruction. Les mangliers et les autres« végétaux avec lesquels ils vivent presque constamment en so-« ciété, etc., périssent à mesure que le terrain se dessèche,et qu’ils ne« sont plus baignés par l’eau salée. Leurs vieux troncs, couverts de« coquillages et à moitié ensevelis dans les sables, marquent, après« des siècles, et la route qu’ils ont suivie dans leurs migrations, et« la limite des terrains qu’ils ont conquis sur l’Océan. »
Lorsque les palétuviers se multiplient au point de donner nuis-it) A. Maury, p. 4c. — (2) Voyages aux régions équinoxiales, t. IV, p. 88.
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