CHAPITRE V.
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sance à des forêts maritimes, ils nuisent à la salubrité de l’air etdeviennent un foyer d’humidité morbifique ( 1 ).
Toutes les montagnes, collines et vallées de la Serra de Mer sontcouvertes de lignes de forêts vierges qui s’abaissent en s’approchantdes provinces de Pernambuco, Parahiba do Norte et Ceara, le sol, quidevient granitique, paraissant moins favorable au développementdes forêts. Ces forêts alternent avec les patingas ou épais fourrés com-posés de broussailles, de plantes grimpantes et d’arbrisseaux (2).
Les forêts vierges présentent des différences suivant la nature duterrain, l’élévation du sol et la distance à l’équateur (3).
Lorsqu’on atteint les bords du Parahyba, et en avançant versl’équateur, ou voit reparaître ces forêts vierges à végétation luxu-riante. En remontant le fleuve des Amazones, jusqu’à plusieurs cen-taines de milles de son embouchure, on trouve une forêt impéné-trable, dans laquelle une extrême humidité, jointe à une températuretrès-élevée, produit une végétation puissante et donne lieu en mêmetemps à un dégagement extraordinaire de gaz acide carbonique (4).
Sur la rive nord du fleuve des Amazones commence une immensecontrée forestière, qui prend au S. O. de la grande île de Marajo,formée au milieu des eaux douces, et s’étend du versant méridionalde la chaîne arénacée du Para et du chaînon granitique qui séparele Brésil de la Guyane française jusqu’au Rio-Negro. Elle règne sansinterruption jusqu’aux montagnes granitiques de la Serra deParima.On trouve des forêts moins étendues sur les rives droites des troisfleuves latéraux de l’Amazone, le Topayos, le Xingu, le Tocan-tins (5).
Il existe encore, à l’ouest, trois ligues de forêts presque aussi éten-dues que les précédentes : la Matta da Corda, qui occupe la partieoccidentale de la province de Minas-Geraës ; el Matto Grosso (le grandbois) qui, en partant des forêts des Cordillères, court dans la provincede Govaz ; enfin la troisième ligne, qui traverse également la capi-tainerie de Matto-Grosso, longe le Guapore, le Madeira et le nord desmarais de la Yargeria.
La végétation de Los Campos est aussi vigoureuse que celle des fo-rêts, car tout est gigantesque dans la vie végétale au Brésil.
(1) Humboldt, ouvrage cité, t. Il, p. 250- — (2) Von Martius, Die Physiognomiedes Pflanzenreichs in Brasilien, p. 9; A. Maury, p. 34.— (3) Auguste Saint-Hilaire,Voyage au Brésil, tableau, p. 205 et 206.—(4) Martius, ouvrage cité, p. il.A. Maury, p. 30.—(5) De Humboldt, Voyages aux régions équinoxiales , t. VIII,p. 40, 178 ; cité par M. A. Maury, Histoire des grandes forêts des Gaules, p. 38.