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Des climats et de l'influence qu'exercent les sols boisés et non boisés / par M. Becquerel
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En remontant la côte occidentale, on arrive au Chili, où on netrouve d’arbres à tige élevée que dans la presqu’île des Trois-Monla-gnes, au sud de la province de Chiloé, qui présente plusieurs variétésde myrtes et diverses familles de pins (1); la végétation forestière,dans quelques parties, a de l’analogie avec celle de la Terre de Feu.

Au nord de i’île Chiloé, dans la province de Valdivia, les forêtssont encore abondantes et se ressentent d’une latitude moins basse :les arbres verts ne s’y trouvent pas en aussi grande quantité.

En sortant de Valdivia et se dirigeant vers le nord, les arbres de-viennent de plus en plus rares, notamment dans la province de Con-ception et jusqu’à Valparaiso. An nord de cette ville, la végétationreparaît jusqu’à Payta, où le sol est d’une stérilité complète. Il ya absence de forêts jusqu’au delà de Callao, ainsi que dans une partiede la Bolivie.

On voit donc que le Chili n’est réellement boisé que dans la partiesud ; aussi l’exploitation des mines n’est-elle facile que dans cette der-nière.

En suivant la côte et remontant au nord, on entre dans le Pérou,où la végétation forestière s’étend sur les deux chaînes de montagnesqui courent du S. O. au N. E. : savoir la Cordillère et les Andes; lesforêts ont un aspect ténébreux, qui imprime aux forêts vierges uncaractère imposant.

Si l’on quitte la côte occidentale pour entrer dans l’intérieur del’Amérique, on traverse les Pampas et ou entre dans le Brésil, contréedes forêts vierges peuplées d’arbres gigantesques appartenant à desfamilles très-éloignées, et enlacés par des lianes énormes. L’aspect deces forêts frappe d’admiration le voyageur qui les voit pour la pre-mière fois. On y trouve également des forêts marécageuses composéesde mangliersqui remplacent les jongles de l’Inde (2).

Bien que les progrès de la civilisation aient porté la hache et le feudans ces forêts, néanmoins l’étendue de celles qui existent encore estextrêmement considérable, puisque la capitale du Brésil seule, Rio-Janeiro, est entourée d’une ceinture de forêts de 50 lieues de pro-fondeur.

Le Brésil se compose de trois espèces de zones distinctes ayant cha-cune une végétation spéciale (3) qui exerce une influence particulière :

(1) A. Du Petit-Tliouars, Voyage de la Vénus, 1.1, p. 151_(2) A. Maury,

p. 31 et suiv. — (3) Humboldt, Voyages aux régions équinoxiales, t. IV, p. V' 1 '(édition in-8); Codazzi, Resumende la geographia de Venezuela , p. 49 et suiv.(Paris, 1841.)