CHAPITRE V.
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Cassiquiare, aux cataractes d’Aturès et de May pu tes ; enfin, dans lesAndes, sur la montagne de Quindiu, on voit le gigantesque ce -roxylon andicola, qui atteint plus de 50 mètres de hauteur.
Au-dessus de la région des palmiers commence celle des fougèresarborescentes, qui appartiennent en partie à la région des cinchom.Les palmiers et les fougères ont une végétation inverse : les premiersacquièrent des dimensions d’autant plus considérables qu’on approchedavantage de l’équateur, tandis que les autres, à partir du 6° de la-titude N., vont au contraire en diminuant ; elles fuient les plaines etcraignent les rayons directs du soleil, et on cesse d’en trouver prèsdes cataractes de l’Orénoque (t).
Lescrotons arborescents forment, dans la péninsule d’Araya,depetits bois qui caractérisent la végétation de cette contrée (2). En re-montant l’Orénoque au-dessus des bouches de l’Apure et du Méta, ilsdisparaissent peu à peu, ainsi que les agavés et les cierges. On lesvoit reparaître ensuite dans les forêts, vers le haut Maranon, dans laprovince de Bracamoros (3).
A la Nouvelle-Grenade, les contrées marécageuses sont peuplées deforêts formées de bambousiers, qui cessent de se montrer dans lesmarécages et les vastes plaines inondées du bas Orénoque, de l’Apureet de l’Àtabapo, où existent ces laurinées.
Dans la Silla de Caracas et les Andes, les forêts cessent de se mon-trer dès que l’on voit paraître, au sommet des montagnes, les befaria,La hauteur à laquelle se trouve leur zone varie suivant les localités :près de l’équateur, le befaria æstuans et le befaria resinosa couvrentles montagnes dans les parcours les plus élevés, jusqu’à 3,200 et3,400 mètres; au contraire, dans la chaîne de Venezuela, on les voitse rapprocher des plaines (4).
IL
Forêts de l’Amérique septentrionale.
Après avoir traversé l’isthme de Panama, on entre dans la répu-blique (le Guatimala, puis dans le Mexique, où la végétation fores-tière varie naturellement avec la température : dans la région chaude(tierras calientes), dont la hauteur au-dessus du niveau de la mervarie de O m à 600 mètres, on trouve des palmiers, le cépbalanthe à
(1) Humboldt, Voyages, etc-, t. VII, p. 297 et 298; A. Maury, p. 49 etsuiv.—(2) Humboldt, ouvrage cité, t. IX, p. 132 et suivantes. — (3) Humboldt, ouvragecité, t. VII, p. 65, 60— (4) Humboldt, ouvrage cité, t. IV, p. 236, 237 et 238.