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Des climats et de l'influence qu'exercent les sols boisés et non boisés / par M. Becquerel
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ÉTAT F0UEST1EU DE e’aMKIUQI'K. 245

La Guyane, située au nord du Brésil, possède également des forêtsvierges et des terres basses à palétuviers. Dans l’intérieur des terreson y trouve de hautes futaies dans lesquelles dominent les espèces lesplus variées, telle que le bois de rose, le cotonnier sauvage, l’acomas,le baïra, etc., le sparlicum arboreum trifolium ( 1 ). On y rencontreaussi des forêts de cacaoyers, loin des bouches de POyapoc et du Sin-namari (2). Les rives de l’Essequibo sont surtout garnies d’admirablesforêts.

La Colombie est traversée par l’Orénoque, qui est une des divisionsnaturelles de l’immense forêt du nord de l’Amérique du Sud. Ce fleuve,entre les 4° et 8° de latitude, sépare la grande forêt de la Parima dessavanes de l’Apure, du Meta et de Guaviare (3). Dans le voisinage deses cataractes, les orchidées entrelacent les végétaux arborescents quicroissent sur ses bords. A ces lianes viennent se joindre des bannis-teria jaunes, des bignoniacées bleues, des peperomia, qui contribuentà la magnificence de ces forêts (4). Près de Caripe, sur le flanc es-carpé de la montagne de Sainte-Marie, ces lianes enlacent tous lesarbres de manière à former un tissu si serré, qu’il règne constam-ment dans celte forêt un demi-jour, une espèce d’obscurité , dont cellede nos forêts de pins n’approche pas. M. de Bumboldt (5), qui a dé-crit cette forêt, dit que, bien que la température soit élevée, l’air nepeut évaporer toute la quantité d’eau qui s’exhale de la surfacedu sol.

Dans la forêt de Caripe, comme dans celle de l’Orénoque, on voitsouvent, sur le sommet des arbres, des traînées de vapeur dans lesendroits où des faisceaux de rayons solaires pénètrent et traversentl’atmosphère épaissie.

Les trois espèces principales qui constituent les forêts placées auxapproches des régions équinoxiales sont les palmiers, les fougères etles crotons. Les premiers constituent souvent à eux seuls des forêtsd’une certaine étendue. Les palmiers mauritia ou murichi forment desforêts humides, à l’embouchure de l’Orénoque, dans la vallée de Cauraet d’Everato , sur les bords de l’Atabapo et du Rio-Negro (6). Diversautres palmiers abondent dans la forêt de Caripe , sur les bords du

(1) Revue britannique, troisième série, t. XIV, p. 260 et suivantes; Schomburgk,A description of British Guiana (London, 1804), p. 31.—( 2 ) Stedman, Voyage àSurinam, Irad. franc., t. III, p. 458. — (3) Humboldt, Voyage aux régions équi-noxiales, t. VII, p. 17_(4) Humboldt, ouvrage déjà cité, t. III, p. 45. — (5) Hum-

lioldt, ouvrage cité, t. m, p. 200 et. 210_(fi) Humboldt, Tableaux de la nature,

trad. franc., t. II, p. 110 .