CHAPITRE V.
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La végétation change d’étage en étage sur les Alleghanys : aux fo-rêts de chênes succèdent celles de pins, de magnoliers, de peuplierset de différentes espèces de nisa villosa (1).
Ces forêts des Alleghanys, qui constituent une des quatre zonesforestières de l’Amérique du Nord, s’étendent sur la côte S. O., jus-qu’au sud de la baie de Chesapeake ( 2 ).
La seconde zone, qui correspond à la région des magnoliers, descatalpas, des tulipiers, s’étend sur les Florides et la Louisiane. Son ca-ractère distinctif, dans plusieurs parties, est l’existence de forêts decèdres, connues sous le nom de cednr-swamps.
Dans la Floride et la Caroline , il existe des forêts appelées pine-barrens, composées de pins gigantesques. Ces forêts occupent uneétendue de plusieurs centaines de milles de longueur.
La troisième zone forestière recouvre les collines et les petites mon-tagnes des Carolines, de la Pensylvanie, et les pentes des Alleghanys.Dans le New-Jersey, et dans les environs de Hobochêne, des forêts sé-culaires courent parallèlement à la côte (3).
Les plus belles forêts de l’Amérique septentrionale se trouvent dansl’Etat d’Indiana, aux environs de New-Harmony, sur les bords duWabash. Le défrichement de ces forêts marche rapidement ; des lé-gions de lîackwoodsmen y vont établir leur demeure, et déjà le prixdu bois est augmenté à New-IIarmony.
La quatrième zone présente le caractère de végétation de nos con-trées septentrionales; elle comprend la plus grande partie de l’État deNew-York, de la Nouvelle-Angleterre, du Vermont, du Nouveau-llrunsvvick, le Canada et la région des lacs.
Une grande partie de Long-lsland est couverte de forêts, ainsi queles bords du lac Iluron, où l’on trouve de gigantesques platanes, entrelesquels on aperçoit des groupes de mélèzes américains, de larix pen-dula. Autour des autres lacs la végétation n’est pas aussi grandiose.
Les forêts du lac Érié et celles du lac Ontario ressemblent aux fo-rêts du bas Canada. Sur les bords du lac Champlain, les forêts sontpeuplées d’érables à sucre et de peupliers de Virginie.
Près de la chute du Niagara, il existe une grande quantité de tu-lipiers, de cèdres rouges et d’ifs du Canada. A 7 milles de distance, àKingston, on trouve une immense forêt composée de marronniers,qui ont exclu toutes les autres espèces (4).
( 1 ) Revue britannique, deuxième série, t. XIV, p. 254 et suivantes. — (2) MacGregor, The progress ofthe United States, t. H, p. 27. — (3) A. Maury, p. 04. —(4) Revue britannique, article déjà cité.