CHAl'ITKE VII.
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courants ascensionnels d’air chaud continuaient donc encore pendantque le soleil était au-dessous de l’horizon.
Revenons aux déserts d’Afrique.
La mobilité des particules de sable s’oppose, avons-nous dit, dansles déserts, au développement de la végétation, attendu qu’étantsèches, elles sont transportées sous forme de tourbillons.
En Égypte, pendant trois ou quatre mois de l’année, la surface,privée de végétation, est balayée par les vents. Une partie de la pous-sière est transportée et jetée dans le Nil, et une autre se disperse dansles déserts et dans d’autres portions de l’Egypte. Si, tous les ans,l’inondation du Nil ne déposait pas un limon qui remplace l’humusenlevé par les vents, l’Égypte ne serait plus qu’un désert.
Les marais desséchés des bouches du Rhône présentent des effetssemblables. Il en est de même des grandes plaines du bassin du Riodelà Plata, connues sous le nom de Pampas. Ces Pampas, où paissentde nombreux troupeaux de chevaux, sont privés de végétation pen-dant la sécheresse. La terre, qui est sablonneuse, se réduit alors enpoussière ; le vent eu forme des monticules ; toute la terre est alorsprivée de végétation pendant la sécheresse.
Ces tourbillons de poussière s’étendent souvent très-loin.
Les cendres du Vésuve sont quelquefois transportées à Venise, enGrèce, à 500 et 700 kilomètres de distance. On a des exemples decendres volcaniques transportées jusqu’à 1,200 et 1,700 kilomètres.On a vu souvent des vaisseaux à 900 et 1,000 kilomètres à l’ouestdes côtes de l’Afrique couverts d’un sable rougeâtre transporté par lesvents.
Il pourrait se faire, comme Dolomieu l’a avancé, et après lui Ro-zières, ingénieur en chef des mines, attaché à l’expédition d’Égypte,que l’accroissement annuel du sol de l’Egypte fût non-seulement dû auxinondations du Nil, mais encore aux sables tles déserts environnantstransportés par les vents.
Plusieurs causes concourent à rendre l’Afrique d’une extrême ariditésur des espaces immenses : la structure intime de son sol, la positionrelative des régions contiguës, l’action des vents de terre brûlants,l’absence de grandes rivières, de hautes montagnes et de forêts exha-lant des vapeurs aqueuses et produisant un abaissement de tempé-rature.
Toutes ces causes de sécheresse et de chaleur ne paraissent pas tou-tefois suffisantes pour expliquer la permanence des mers de sable desplaines d’Afrique; il faut admettre, nous le répétons, l’une des deuxcauses précédemment énoncées.