DES DÉSERTS, DES STEl’PES, ETC. 255
rieur des déserts. Mais, par ceia même qu’on admet, dans cette hypo-thèse, que la terre végétale a été enlevée, on peut supposer aussi queles lieux occupés par ces déserts étaient antérieurement couverts devégétaux, et que, dès lors, il y avait de l’eau, élément indispensableà leur existence; la disparition de l’eau a donc suivi celle de la végéta-tion. Suivant la seconde hypothèse, ces déserts sont formés des fondsde mer qui, ayant été soulevés, sont restés depuis de grands amas desable. Deux sondages effectués au Sénégal par M. Degousée ont in-diqué la présence d’eau saumâtre, à diverses profondeurs, jusqu’àplus de 50 mètres, ce qui viendrait à l’appui de la seconde hypothèse.
Les déserts africains, joints à ceux d’Asie, s’étendent sur une ligneimmense, depuis l’extrémité occidentale du Sahara jusqu’à l’extrémitédu Gobi et occupent une étendue de 13o degrés en longitude (l). Cesdéserts occupent une large ceinture, presque continue, à travers lecentre de l’Afrique, l’Arabie, la Perse, le Candahar, le Thian-chan-nan-lou et le pays des Mongols. Il est impossible d’admettre que cettevaste étendue de terrains sablonneux ait été dénudée par l’effet d’uneinondation générale, attendu qu’un grand nombre de faits, que nousavons fait connaître , et qui sont basés sur des documents historiquesincontestables, prouvent, d’une manière certaine, que plusieurs par-ties étaient boisées à une certaine époque et couvertes d’une belle vé-gétation, et que le déboisement les a converties en terres frappées destérilité aujourd’hui.
Plus des deux tiers de cette surface nue et aride sont situés à l’ouestde l’Indus et dans la zone la plus rapprochée des tropiques. Or, commel’action solaire élève la température du sable, sous cette latitude, àplus de 50 ou 60 degrés, on conçoit l’influence qu’exerce la continuitéd’un tel état de surface à l’égard de la distribution de la chaleur surune vaste partie du globe. Le seul Sahara d’Afrique, en y compre -nant les oasis épars, et nfcn le Darfour et le Dongola, a une superficiede 194,000 lieues carrées de 20 au degré, plus du double de celle dela Méditerranée.
L’exemple suivant donne encore une idée de l’intluence calorifiquede ces déserts sur la distribution de la chaleur (2) :
Dans les forêts de l’Orénoque, où, au milieu de la plus vigoureusevégétation, il existe d’immenses îlots de roche nue, s’élevant à peinede 6 à 7 centimètres au-dessus du reste de la plaine, M. de Humboldta trouvé, pendant les longues nuits des tropiques, la température desstrates de gneiss de 36 degrés, l’air ambiant n’ayant que 25°, 8 . Les
(1) 4sie centrale, t. ni, p. 192. — ( 2 ) Asie centrale, t. in.