CHAPITRE VIII.
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«Ces chiffres, dit M. Machart, paraissent accuser assez clairement« une double influence.
« Si l’on compare d’abord entre eux les cantons limitrophes, dans«le département du Loiret ou dans celui de Loir-et-Cher, on voit,« suivant que la proportion des étangs s’élève, la population varier« dans un rapport plus grand que celui du simple au double, et la du-« rée de la vie moyenne décroître d’un quart à un sixième. L’influence«des exhalaisons méphitiques se montre là dans toute sa force'.
«Que l’on rapproche les cantons du Cher de ceux de l’ouest de« Loir-et-Cher (Bracieux, Contres, etc.), quoique la surface des étangs«soit un peu plus forte dans ces derniers, on y trouvera la vie« moyenne sensiblement plus longue, et la population presque triple.« C’est qu’ici on commence à entrer dans les terrains marneux ; tandis«que les terres sablonneuses du Cher sont les plus arides de la So-«logne. La différence de fertilité du sol compense, et bien au delà,« celle que pourrait apporter, dans la salubrité du climat, la propor« tion légèrement inégale des étangs.
« Enfin, dans les argiles compactes des cantons de La Ferté et de Sully,« à grande distance des marnières, les deux causes de dépopulation et«de mortalité, la misère et la fièvre, agissent réunies. Le nombre« d’habitants est inférieur même à celui du Cher, et la vie moyenne se« réduit aux deux tiers de la durée qu’elle atteint dans les terres mar-« neuses de Loir-et-Cher. »
Nous ajouterons, enfin, que le nombre d’habitants n’est, enmoyenne, par kilomètre carré, que de 21, 15 , tandis qu’en France ilest trois fois plus considérable, et que les relevés des conseils de révi-sion nous apprennent que la moitié des jeunes gens atteints par laconscription sont impropres au service militaire.
Le bétail, comme l’homme, se ressent de cet état de choses qui nelui permet pas de prendre son développement ordinaire ; il est petitet maigre, et doué de peu d’activité. Toutes les productions de la na-ture sont donc dans un état continuel de souffrance; conséquenceinévitable de la stagnation des eaux et du défaut de culture.
L’état déplorable dans lequel nous voyons la Sologne n’a pas tou-jours existé. Des documents historiques montrent qu’une grande par-tie de la Sologne était anciennement boisée (p. 205 ). Au déboisementont succédé l’envahissement des eaux, les bruyères et, par suite, l’in-salubrité.
La dépopulation est prouvée par les restes que l’on trouve encore,dans diverses communes, de travaux d’assainissement et de construc-