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Des climats et de l'influence qu'exercent les sols boisés et non boisés / par M. Becquerel
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DIÎ I,A SOLOGXE.

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tion qui attestent qu'une population nombreuse se livrait jadis à uneagriculture bien entendue, dans un pays où l’on ne voit plus main-tenant que de rares et chétives habitations, une population mala-dive, des marais, des bruyères et des terres incultes. Au surplus, cetexemple de l’envahissement des eaux et des sables à la suite d’unedépopulation, n’est pas le seul que nous présente l’histoire : l’Amériqueet l’Égypte nous en fournissent de nombreux, en prouvant en mêmetemps que cet état de choses est suivi de modifications dans le climat.

Pour faire cesser cet état de misère et régénérer la Sologne, desplans ont été proposés à diverses époques. Dans les procès-verbaux desséances de l’assemblée provinciale de l’Orléanais, tenue à Orléans pen-dant les mois de novembre et décembre 17 87, est consigné un rapportde Lavoisier sur l’agriculture en général, et dans la province de l’Or-léanais en particulier, où se trouvent des idées extrêmement justes surla question, comme on en jugera par ie passage suivant :

« Le climat de la Sologne est en général malsain, et si nous ne vous« en parlons pas, ce n’est pas que nous cherchions à ménager votre« sensibilité; M. la Géard, l’un de vos procureurs syndics, nous a déjà« instruit que la vie moyenne, en Sologne, était plus courte que dans«le reste de la généralité. Quelle affligeante vérité ! Mais la cause de«l’insalubrité du climat est connue; elle tient à l’impénétrabilité du« sol et à la stagnation des eaux, qui forment de cette province un ma-«rais pendant l’hiver. Le remède n’est ni inconnu ni difficile. Un«canal qui traverserait celte province rassemblerait les eaux et leur« procurerait un écoulement ; il donnerait aux denrées un débouché qui«leur manque; en augmentant la valeur du bois, il, favoriserait les«plantations auxquelles la Sologne est propre, surtout celle du pin.« Le projet de ce canal ne présente ni de grandes dépenses, ni de« grandes difficultés. »

En 1787, Lavoisier indiquait donc la route que l’on doit suivrepour l’amélioration de la Sologne, la seule qui puisse conduire au butque l’on se propose; gloire lui en soit rendue.

Jusqu’en 1828, divers projets furent successivement mis en avantpour canaliser la Sologne, mais dans des vues d’intérêts commerciaux.A cette époque, M. de Riccé, préfet du Loiret, publia une notice pleined’intérêt sur l’amélioration de laSologue, laquelle n’amenà aucun ré-sultat.

En 1846, M. de Villeneuve, alors préfet, soumit cette importantequestion au conseil général, qui accorda une allocation pour l’étudedes cours d’eau du département, en commençant par ceux de la So-