DE LA I! HESSE ET DE LA DOM H ES.
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La partie inondée présente une superficie de 1,072 kilomètres car-rés, ou 107,200 hectares, dont 20,000 hectares en étangs; les étangss’y trouvent donc dans la proportion d’un peu moins de £ de la super-ficie totale, c’est-à-dire quatre fois plus qu’en Brenne, et sept fois plusqu’en Sologne. Sur ces 107,200 hectares, 83 ,200 appartiennent à laBombes et 24,000 à la Bresse.
Il résulte d’observations authentiques recueillies par M. Puvis, etconsignées dans la Statistique du département de l'Ain , que la salu-brité disparaît et l’insalubrité commence là où le défrichement s’arrête.Nous citerons un seul exemple, mais qui est significatif : la ville deBourg est saine ; à une demi-lieue de distance commencent les grandsétangs, et les fièvres reparaissent avec toutes leurs conséquences. Onne peut trouver une preuve plus manifeste de l’influence délétère desétangs sur la santé publique.
Les 24,000 hectares de pays inondé, c’est-à-dire de pays à étangs,qui appartiennent à la Bresse, sont plus fiévreux que la partie inondéede la Bombes, probablement à cause d’une plus grande imperméabilitédu sol ; on voit encore par là l’influence des propriétés physiques dusol sur l’état sanitaire d’un pays.
Bcs documents historiques montrent que la disparition des boisdans la Dombes est la conséquence de la nécessité où l’on s’est trouvéd’avoir de grands pâturages pour remplacer les prés transformés enétangs. Les taillis, abandonnés aux fermiers pour leur chauffage, ontété successivement détruits, et sont devenus des pâturages où il resteencore quelques bouleaux, témoins accusateurs du déboisement.
Les faits recueillis jusqu’ici prouvent que la Dombes était jadis unpays riche et peuplé. Dans la plupart des villages, maintenant presquedéserts, on voit des églises dont l’étendue n’est pas en rapport avec lapopulation actuelle ; ainsi celles de Versailleux, Marlieux, Saint-Paul.Bouligueux, le Montellier, contiendraient une population triple decelle qui se trouve aujourd’hui dans ces localités. Le dépeuplement etl’insalubrité ne remontent pas au delà du quinzième siècle, époque oùl’on a commencé à établir des étangs ; mais ce n’est qu’au milieu dudernier siècle qu’ils ont acquis le plus grand développement.
Depuis le commencement du dix-septième siècle, la surface desétangs établis s’est élevée à 14,000 hectares. Il y avait alors un en-gouement, une manie d’étangs, à laquelle il faut rapporter l’état ac-tuel de la Bresse et de la Dombes. Cet engouement, cette manie s’ex-plique facilement : les étangs sont cultivés tous les trois ans, deux an-nées en eaux, la troisième en avoine. Cet assolement convient à un