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Des climats et de l'influence qu'exercent les sols boisés et non boisés / par M. Becquerel
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CHAPITRE VIII.

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pays il ny a ni bâtiments, ni bestiaux, ni engrais; en outre, lepoisson se vend facilement, à Lyon, de 70 à 80 fr. le quintal métri-que. Linsalubrité était parvenue à un tel point, quon sentit la néces-sité, à diverses époques, dy remédier. En 1839, une commission den-quête composée dhommes éclairés, et dont faisait partie M. Puvis, futnommée à cet effet. Yoici les résultats auxquels cette commission estparvenue, et qui ne sont pas sans intérêt pour la question de la Solo-gne. Pour ne pas en affaiblir limportance, nous transcrivons littéra-lement les passages les plus remarquables du rapport de M. Puvis (1) :

« La presque totalité des personnes interrogées conviennent de lin-« salubrité des étangs ; une grande partie les accuse den être la prin-« cipale cause; un petit nombre lattribue, en premier ordre, à la na-« ture du sol ; dautres aux prairies marécageuses ; quelques-uns à la«douve, et presque tous ont aussi donné, comme lune des causes,« le mauvais régime des habitants. En même temps, un grand nombre« de faits ont été produits, dans le cours de lenquête, qui ont prouvé« que la salubrité reparaissait toutes les fois que les étangs étaient dcs-« séchés. La commission, en sappuyant sur les faits nombreux que« lui a révélés lenquête, sur lavis de tous les médecins qui se sont« occupés de salubrité, de tous les agronomes et les économistes qui« ont écrit sur la matière, en remarquant que la Dombes, avant la«multiplication des étangs, était beaucoup plus cultivée et plus peu-« plée que depuis quils ont envahi les meilleures parties du sol ; que« depuis lors, plus de la moitié de la population et des habitations« semblent avoir disparu ; que pendant que la Bresse, de même forma-« tion que la Dombes, avec un sol moins bon, moins salubre, en des-« séchant ses étangs, est arrivée à un état prospère et à une population«de 1,600 âmes par lieue carrée, la Dombes, au contraire, en« multipliant les siens, est descendue à une culture du sol presque sans«produit net, èt à une population de moins de 400 âmes par lieue«carrée; remarquant, enfin, que linsalubrité et les fièvres reparais-« sent partout avec les étangs, et quainsi que nous le verrons dans un« moment, la salubrité reparaît partout se sont faits des desséche-«ments; par ces motifs, disons-nous, la commission est restée unani-«mement et pleinement convaincue que les étangs sont, sans aucun« doute, la plus puissante cause de linsalubrité de la Dombes.

«Elle admet que les prairies marécageuses, le mauvais régime, et« peut-être la nature du sol, y contribuent aussi ; mais elle pense que

( 1 ) Statistique du département de lAin.