DK I.A CAMARGUE F.T DE DA CRAU. 279
« toutes ces causes réunies sont loin de.produire un effet délétère com-« parable à celui des étangs, etc., etc., etc. »
La commission, ayant constaté les causes de l’insalubrité, a cherchéles moyens d’y remédier; elle a déclaré immédiatement, sans hésiter,que le moyen le plus efficace était le dessèchement des étangs, non undessèchement brusque, simultané, mais un dessèchement graduel, afind’y amener peu à peu les propriétaires par la persuasion.
A ses yeux, l’emploi de la chaux est un moyen assuré d’améliorer lepays, comme l’expérience en fournit de nombreux exemples. En 1839,la commission avait déjà constaté les progrès de cette amélioration, quifrappaient déjà tous les esprits, et il lui semblait que l’insalubritétendait à diminuer. A cette même époque, le décroissement de la po-pulation semblait aussi diminuer, par suite de la mise en culture d’uneportion des étangs. Ces grands avantages étaient dus, nous le répétons,au dessèchement partiel et momentané du sol inondé et à l’emploi dela chaux. Quels résultats, dès lors, n’obtiendrait-on pas si les étangscessaient d’être en eaux et étaient transformés en prairies commedans les siècles passés!
Mais si, à l’influence délétère des miasmes qui s’échappent des terresmarécageuses, se joignent l’action incessante de l’humidité de l’air,une nourriture de mauvaise qualité et l’absence de toute précautionhygiénique, on conçoit parfaitement comment ces causes réunies mo-difient profondément la constitution des habitants de la Dombes, aupoint d’en faire une classe d’hommes à part, comme on le voit égale-ment en Sologne, dans une partie du Forez, etc., etc.
§ IV.
De la Camargue et de la Crau.
L’île de la Camargue, située dans le département des Bouches-du-Rhône, est bornée, à l’est, par la grande branche du Rhône, au sudpar la mer, et à l’ouest par le Rhône mort et le petit Rhône. Elle pré-sente une superficie divisée comme il suit (l) :
Dans le territoire d’Arles :
• Étang de Yalcarès. 6,480 hect.
Autres étangs moins considérables. 4,325
Marais. 31,260
Terres arables. 6,750
55,000 hect.
(i) Statistique du département des Bouches-du-Rhône pour 1829 , par lecomte de Villeneuve.