Buch 
Des climats et de l'influence qu'exercent les sols boisés et non boisés / par M. Becquerel
Entstehung
Seite
287
JPEG-Download
 

DES LANDES DE OASGOGNE. 287

les plus considérables sont clans le voisinage de l’Adour. Ces derniers,en raison du sol élevé des landes, pourraient être facilement asséchés.Henri IV, qui en avait conçu le projet, s’en préoccupait vivement;mais il ne le mit jamais à exécution.

Il faut rapporter aux dunes l’existence des marais. Les dunes (i )sont des monticules de sable rejeté par la mer et poussés sans cessedans l'intérieur par les vents. Entre l’embouchure de l’Adour et cellede la Gironde, elles forment une ligne non interrompue de 234 kilo-mètres, et couvrent une superficie de 1,139 myriamètres; leur hau-teur varie de 4 à 50 mètres.

Poussées en avant parles vents, elles envahissent champs, habita-tions, bois, etc., etc., et avancent, en moyenne, chaque année, de24 mètres sur le développement du bassin d’Arcaclion. On a calculéqu’en vingt-quatre siècles, tout le Bordelais serait envahi par ces sabless’ils n’étaient pas fixés par la végétation; mais cette fixation estheureusement accomplie, grâce au génie de Brémontier.

Ces monticules de sables, qui roulent, pour ainsi dire, sur eux-mêmes, obstruent souvent les rivières et les ruisseaux, et refoulentles eaux daus les terres, qui se trouvent ainsi exposées au doublefléau des eaux et des sables, et sont changées en marécages. Les sablesdu bassin d’Areachon présentent cette particularité, par suite delàretenue des eaux, qu’à quelques centimètres de profondeur au-dessousdelà surface, il existe une couche humide qui donne de la cohérenceaux grains de sable et permet à la végétation do s’y développer;aussi le pin maritime y croît-il avec force, quoique le sol, à la sur-face, soit brûlant. C’est précisément ce qui arrive dans les sables dela Sologne, à cause de l’imperméabilité du sous-sol : les semis d’arbresverts y réussissent également à merveille.

En fixant les dunes au moyen de semis d’arbres verts, comme l’afait Brémontier, on pourra dessécher ces immenses terrains submergéspar les eaux, qui sont sans cesse refoulées par les sables. Nous nousarrêtons, pour ne pas entrer dans des détails qui nous éloigneraient denotre sujet. Nous avons voulu seulement signaler l’existence de vastesétangs et marais dans les landes, et la cause à laquelle il faut rappor-ter leur production. On évalue la superficie inondée à 03,000 hec-tares, dont 40,000, suivant Brémontier, peuvent être facilement ren-dus à la culture. Nous avons dit, précédemment, que les dunes étaientpoussées en avant par les vents. En réalité, suivant M. Chevreul ( 2 ),

(1) Voir page 253. —(2) Voir page 254.