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Des climats et de l'influence qu'exercent les sols boisés et non boisés / par M. Becquerel
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CHAPITRE VIII.

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[Annales agronomiques, t. 1 er , p. 488), cet habile et savant agricul-teur a démontré que les terres de la Camargue ne pouvaient pas êtredessalées avec de l’eau douce, attendu que la salure est due à unecouche d’eau salée inférieure au terrain et qui, remontant par la ca-pillarité quand le sol se dessèche, y dépose continuellement du sel.L’irrigation, au surplus, n’est pas le seul moyen de dessaler momen-tanément la surface du sol : M. de Gasparin admet aussi qu’on y par-vient par des labours fréquentSj qui rompent la continuité des couchessupérieures, et permettent alors aux eaux pluviales de laver les guérets,qui perdent les 9/l0 es de leur sel.

Suivant M. de Gasparin, le sel nuit à la végétation en ce qu’il re-tient l’eau dont les plantes ont besoin, et qu’il leur enlève même, enété, une partie de leur humidité. C’est pour éviter cet inconvénientqu’on recouvre les terres salées de roseaux qui s’opposent à l’évapora-tion de la surface.

En général, toutes les fois que l’on peut se procurer de l’eau parune irrigation continue, laquelle maintient les terres salées dans unétat de fraîcheur habituel, on a des produits abondants et d’excel-lente qualité.

Nous nous arrêtons, dans la crainte de donner trop d’étendue à ceparagraphe, notre but ayant été de montrer la diversité des opinionssur la manière d’opérer l’amélioration de la Camargue, et d’indiquerau lecteur où en est aujourd’hui la question.

§ V.

Des landes de Gascogne.

Les landes de Gascogne occupent une superficie de 12,000 kilo-mètres carrés dans une des plus belles parties de la France. Ce sontde vastes plaines sablonneuses, couvertes d’ajoncs et de bruyères, quiannoncent l’absence de toute culture, et qui sont entrecoupées de ma-rais insalubres. Dans le voisinage des rivières et des ruisseaux, lesterres sont fertiles et couvertes de belles plantations.

Depuis la Teste jusqu’à Bayonne, sur une étendue de 100 kilo-mètres, il existe une chaîne d’immenses étangs, véritables fléaux des-tructeurs, qui sont alimentés, en grande partie, par les eaux pluviales,et qu’on pourrait dessécher au moyen d’un canal allant de la Teste àBayonne.

11 existe, dans cette contrée, deux espèces de marais : les uns setrouvent le long des rivières, les autres clans l’intérieur des terres;