Dû LA OÀMNHE.
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pour arriver à ce but était d’établir, sur le faîte, des canaux mis encommunication avec la Meuse pour lui emprunter les eaux néces-saires aux irrigations. Son projet s’est rattaché également à l’idée dela jonction du Rhin à l’Escaut, présentant ainsi à la fois un caractèrecommercial et agricole. Il fut sanctionné le 10 février 1843, par uneloi qui a consacré en même temps le principe de la participation despropriétaires riverains aux dépenses des travaux exécutés par l’État.Le projet de M. Ivummer se compose d’un système de canaux qui estcomplété par la canalisation des rivières aboutissant aux grandeslignes navigables, telles que la Petile-Nèthe, la Marck, la Pulle, laLaeck, etc.
Un emprunt qui allait être voté par les chambres devait servir àl’exécution de la plus grande partie de ces travaux, lorsque la révolu-tion de 1848, dont les contre-coups se firent sentir dans toute l’Eu-rope, ébranla partout le crédit financier et arrêta subitement l’impul-sion qui avait été donnée.
Lorsque l’on voit que les résultats obtenus en Campine ont demandéplusieurs siècles d’étude, que des projets ont été commencés, inter-rompus et repris, alors que le gouvernement prêtait son concours, onne doit pas s’étonner que l’amélioration de la Sologne ne marche pasaussi rapidement qu’on le désirerait. Soyons assez sages pour profiterdes leçons de l’expérience, et ne prenons, dans tous les projets qui ontété mis successivement en avant en Belgique, que ce qui peut être utileà notre pays.
Les résultats obtenus jusqu’ici en Campine mettent en évidencecette vérité fondamentale de toute agriculture, que l’irrigation agitnon-seulement comme arrosement, mais encore comme fournissant ausol des substances fertilisantes, même à des distances assez considéra-bles du point de départ des eaux d’arrosage, et prouvent aussi que lacréation des prairies est la clef de voûte des défrichements.
Nous trouvons ici une nouvelle preuve des vicissitudes de l’esprithumain. Les communes recherchent aujourd’hui, dans la Campine, leconcours du gouvernement, pour les travaux de transformation, avecautant d’ardeur qu’elles en mettaient autrefois,à le repousser. Lesventes par adjudication des fourrages sur pied sont faites au profitdes habitants mêmes de la localité, et ils sont consommés sur place,preuve que le bétail est plus nombreux.
Les travaux d’amélioration ont pris un développement considérable.Au commencement de 1848, 1,300 hectares avaient déjà été préparésà l’irrigation par le gouvernement, mis en vente et adjuges. La
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