CHAPITRE VIII.
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presque totalité des communes ont cédé à l’amiable leur lorrain sansqu’on eût recours à des moyens coercitifs. Deux ou trois compagniesd’Anvers, de Liège et de Maestricht se sont rendues adjudicataires desterrains transformés. L’État a aussi acquis quelques lots pour y fairedes expériences ; ainsi on voit constamment, dans cette grande opé-ration, le concours de l’État qui, en se plaçant au-dessus des préjugéset des petites passions, a voulu donner l’impulsion à une régénérationqui va rendre à la Belgique 300,000 hectares de prairies et de terrescultivées. Mais on ne s’est pas borné à défricher, à irriguer, à apporterdes amendements, on a senti encore l’impérieuse nécessité d’augmenterla population du pays. Une colonie se forme aujourd’hui où l’on éta-blira une école pratique destinée à recevoir des Flandres quelques cul-tivateurs nécessiteux choisis, qui apporteront dans la Campiue debonnes méthodes pratiques. En résumé les conditions de succès, pourle gouvernement belge, ont été les suivantes, comme le fait observerjudicieusement M. Delacroix, ingénieur des ponts et chaussées attachéau service de la Sologne, et chargé par le gouvernement d’une mis-sion spéciale en Campine :
i° 11 a basé son opération de défrichement sur l’importation ou lacréation la plus prompte possible des engrais et des amendements ;
2° Il a cherché et trouvé la solution de ce problème dans l’établis-sement de voies de communication, et principalement de canaux, etdans la formation de prairies préalablement à toute autre culture;
3° U a pris, pour base de la formation de ces prairies, l’irrigation,et pour cela il a établi de suite un réservoir sur les faîtes de la Cam-pine, réservoir communiquant avec la Meuse;
4 ° Ce réservoir est le canal demandé depuis si longtemps de laMeuse à l’Escaut, et non-seulement il apporte, par ses bateaux, les en-grais et les amendements, mais l’eau elle-même du canal les tienten suspension. Les eaux des grandes rivières sont en général fertili-santes ;
5° U a donc eu à sa disposition une masse d’eau considérable,d’excellente qualité, et pouvant s’étendre sur tous les terrains envi-ronnants. On pouvait donc dire à tous les propriétaires : Venez etprenez ;
6° Mais la création des prairies irriguées était une œuvre nouvelle.De plus, c’était une opération délicate qui exigeait des vues d’ensembleet des études spéciales. U a fait faire, par ses ingénieurs, les travauxpréparatoires, et a livré aux propriétaires les terrains ainsi préparés,après remboursement par eux des dépenses faites, et pour lesquels il