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Des climats et de l'influence qu'exercent les sols boisés et non boisés / par M. Becquerel
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CHAPITRE IX.

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La Bible mentionne des forêts qui nexistent plus, telles que cellesde Khareth et de Khorcha, dans la tribu de Juda ; la forêt qui couron-nait le district de Baala, sur les frontières de Benjamin et de Juda,Josué leur répondit ( 1 ) : « Si vous êtes un peuple si nombreux, mon-« tez à la forêt, et faites-vous place en coupant le bois dans le pays des« Pharazéens et des Raphaïms, puisque la montagne dÉpbraïm est« trop étroite et trop petite pour vous.

« Mais vous passerez à la montagne, et vous gagnerez de la place«pour y habiter en coupant les arbres et défrichant la forêt ; et vous« pourrez passer encore plus loin lorsque vous aurez exterminé les« Cbananéens. »

Nous pourrions multiplier les citations qui prouveraient quen Ju-dée le déboisement doit être attribué, en grande partie, à laccroisse-ment de population. Nous disons en grande partie, car ou est porté àcroire quil est aussi en partie aux Phéniciens qui, se livrant pourla plupart au commerce maritime depuis les temps les plus reculés,déboisèrent la Syrie et les côtes de la Libye ( 2 ).

En Égypte, la civilisation a fait disparaître de bonne heure les fo-rêts qui devaient couvrir les deux chaînes limitrophes de la vallée duNil.

On ne trouve plus aujourdhui, dans la Thébaïde, que quelquespalmiers isolés, restes de cette végétation forestière au milieu de la-quelle se trouvait Thèbes.

En général, la Syrie, lAldjézirèh et lIrak-Arabi sont aujourdhuidéboisés; les forêts ne se montrent plus que dans les montagnes de laChaldée, lon trouve des massifs imposants de chênes à deshauteurs au-dessus du niveau de la merde 1,500 à 2,500 pieds an-glais.

Si nous revenons dans les Gaules (Voirp. 198 etsuiv.), nous voyonsque lors de leur conquête Jules César fut obligé de faire des abatis dansles forêts pour les traverser et occuper le pays. Peu à peu les défriche-ments sétendirent, par suite de laccroissement de population et desprogrès de lagriculture. Ces défrichements furent dabord inconsidé-rés; des lois les restreignirent, à la vérité, sous loccupation romaine,mais il nen fut pas de même dans la suite : rien ne put arrêter les dé-vastations pendant les temps de barbarie.

Les moines, de leur côté, défrichèrent les terres et abattirent desbois dans les plaines pour les cultiver, ou sur les coteaux pour y plan-

(1) Josué, XVH, 15-3; Samuel, XVIII, fi. (2) A. Manry, p. 96.