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ter des vignes. Ils continuèrent jusqu’à ce qu’i!s eurent acquis des ri-chesses suffisantes pour jouir des douceurs de la vie.
Sous Charlemagne, les défrichements avaient pris une telle exten-sion, qu’il fallut y mettre un freiu ; aussi ce roi législateur, comme onle voit dans ses Capitulaires, prit-il des mesures qui arrêtèrent mo-mentanément le mal.
Dans le neuvième siècle, les Normands, par leurs incursions, et lesflots de croisés qui se portaient vers les lieux saints, furent cause quedans beaucoup d’endroits les terres restèrent incultes ou furent enva-hies par les eaux stagnantes; les forêts négligées ou détruites de-vinrent insensiblement, dans le nord et dans l’ouest, les landes de laBretagne, les déserts de la Champagne, les vastes déserts du Poitou ;dans le centre, les terres marécageuses de la Bresse et du Forez, de laSologne, du Berry et du Gàtinais ; dans le midi, les champs de sableduMédoc, les terrains graveleux du Limousin et du Périgord, lesroches dénudées du Languedoc et de la basse Provence.
I II.
Les usages, le libre parcours ilu bétail, l’emploi du bois comme matière première.
Les droits d’usage ont contribué puissamment au déboisement de laFrance.
Sous l’empire de la féodalité, le déboisement devint d’abord rapide,les bois ayant peu de valeur. Les seigneurs et les corporations à qui ilsappartenaient, et qui n’en retiraient presque aucun revenu, durentdéfricher dans le but d’attirer les colons sur leurs (erres. Pour les ymaintenir et en accroître le nombre, ils concédèrent des droits d’usageruineux pour les forêts, lesquels consistaient à couper des bois dechauffage et de construction, et à laisser pacager le bétail, commemoutons, chèvres, dont la dent meurtrière hâtait la destruction dubois.
De telles concessions produisirent d’abord de bons effets; mais la po-pulation étant devenue surabondante, les forêts ne tardèrent pas às’appauvrir, soit par des exploitations immodérées et vicieuses, soitpar l’abus des usages concédés, et étant ainsi successivement dépouil-lées de leur superficie, elles passèrent du domaine forestier dans ledomaine rural.
Un autre droit féodal vint mettre un frein aux dél'richemenls irré-fléchis et contribua au reboisement de la France; ce droit est celui deforêt et de garenne, qui consistait dans la défense absolue de chasser