CHAPITRE IX.
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législation, jusque-là seulement facultative dans les bois des particu-liers et communautés, devint obligatoire pour tous.
Henri IV, en 1597, fit revivre les anciennes dispositions concernantcette réserve, et remit en vigueur en les complétant par de nouvellesmesures les anciensrèglcments et défenses touchant l’administration et laconservation des forêts. Enfin l’ordonnance de l G69 résuma toute la lé-gislation antérieure, l’améliora, la fortifia et vint assurer la restaura-tion des forêts. Cette ordonnance est un véritable code forestier pourle temps, dont l’influence a été très-puissante pour la conservation denos forêts.
La dévastation des forêts s’accrut considérablement dans les sei-zième, dix septième et dix-huitième siècles, et au fur et à mesure quela population augmentait et que les terres acquéraient plus de valeur.
L’établissement des forges et les besoins de la marine doivent êtrerangés parmi les causes les plus actives de la destruction des forêts.
Les gouvernements, en prenant des mesurespours’opposer au déboi-sement dans les forets, y concouraient eux-mêmes en prenant d’unema-nière immodérée tous les bois dont ils avaient besoin pour la marine; lessapinières des Pyrénées vont nous en fournir des exemples frappants (l).
« Louis XIV fit extraire des Pyrénées la plupart des mâts qui fu-« rent nécessaires pour le rétablissement de la marine française ; les« fournisseurs de la marine ont détruit toutes les forêts où ils ont« pénétré.
« Les forêts de la basse Navarre, qui sous Louis XIV étaient en état« de fournir seules à l’entretien de toutes les flottes du roi, ne présen-ce tent plus de ressources que dans les parties inaccessibles.
« LesforêtsdePactetdeBenou (Basses-Pyrénées), qui, depuis 1758« jusqu’en 1778, furent exploitées avec un grand succès pour la mà-« ture de Bayonne, ne renferment plus que des arbres rabougris et« des broussailles.
« La vallée d’Aure (Hautes-Pyrénées), qui en 1751 possédait 3 ,ooo« mâts des plus fortes dimensions, ne présente plus de ressources à<> la marine que pour des fournitures, des espars et autres menus« bois.
« La forêt de Margoueilli, dans le territoire de Bagnères-de-Bigorre,« n’est plus qu’un vaste pâturage, qui va s’étendre sur celle de Tran-« soub, si l’administration ne prend de promptes mesures pour en prê-te venir la ruine totale.
(1) Dravel, Traité des forêts d’arbres résineux, p. 50 et suivantes.