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Des climats et de l'influence qu'exercent les sols boisés et non boisés / par M. Becquerel
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DES CAUSES DU DÉBOISEMENT. 299

« La forêt do Gabas (Iîasses-Pyrénées), où la marine a depuis trente« ans un bel établissement que je-viens de visiter, a été si maltraitée,« qu’elle paraît avoir été incendiée dans presque toutes les parties qui« ont été exploitées. Sans une prompte réforme, c’en est fait avant« quinze ans de la seule forêt qui, dans les Pyrénées et la France en-« tière, fournisse du bois pour la mâture. »

Les forêts qui s’approchaient de la Méditerranée n’ont pas été plusépargnées, non-seulement en raison des besoins de la marine, maisencore de ceux des forges. Je continuerai à citer textuellementM. Dravel, juge très-compétent dans la matière.

« Dans le département de l’Àriége, les forêts de Méran, qui alimen-« taicnt autrefois quatre grandes forges et trois scieries, sont entiô-« renient ruinées; celles de la vallée de Sauraz, dont la contenance« en 1070 était de 2,295 hectares, sont réduites à 70 hectares.

« Les sapinières de la vallée de l’Andoura ne sont plus qu’un vaste« pâturage; enfin, les forêts de pins des montagnes de Gudannessont« ruinées sur une si grande étendue, que les racines et les troncs, qui«attestent leur ancienne existence, sont jugés suffisants pour ali-« monter deux grandes forges à fer pendant un grand nombre d’an-« nées.

« Dans le département de la Haute-Garonne, on ne connaît plus« l’emplacement des forêts du Capitaine et de Combègue qui, en 1607,« fournirent 500 mâts à la marine royale (l). »

« La forêt du Lys, à l’extrémité de la vallée de l’Arboust, qui con-« tenait vers la même époque 4,000 cauts(2), fournit à peine aux be-« soins indispensables des habitants de cette vallée.

« Et les forêts de Comminges, qui alors étaient jugées en état d’ap-« provisionner tous les arsenaux de la marine (3), ne donnent des« coupes suffisantes que pour payer les gages des gardes, et depuis« qu’un ordre sévère y a été établi par les agents forestiers. »

§ iv.

Faculté donnée par l’État de défricher les bois aliénés, et autres causes dépendantesde l’administration.

Pour dernière cause qui accélère le déboisement, il faut compter lafaculté que donne l’État, quand il aliène ses forêts, de les défricher,afin d’en retirer un plus grand prix. Exemple funeste qu’il donne aux

(1) Procès-verbal des commissaires de la réformation, du 19 avril 1667—(2) Procès-verbal des mêmes commissaires, du 8 mai 1670. — (3) Procès-verbal des mêmescommissaires.