DES CAUSES DC DÉBOISEMENT. 297
de pâturage s’étaient étendus particulièrement, furent plus exposéesque les autres (i).
Les droits d’usage, dit M. Dravel, sont si désastreux, qu’il n’est pasrare de voir des propriétaires renoncer à la possession des fonds qui ensont grevés, pour ne pas en supporter les charges. C’est ainsi qu’avantla révolution le monastère de Saiut-Paul avait abandonné aux usagersles forêts de Bouche-Rouge, de Boussemel et de Babargue (Pyrénées-Orientales) ; c’est ainsi que quinze forêts domaniales de l’Aude ontdisparu des sommiers de l’administration et ne sont plus que desterrains vaguès ( 2 ).
C’est ainsi, ajoute encore M. Dravel, que 134 forêts, contenant en-semble 52,795 hectares, étaient depuis plus d’un demi-siècle laisséesà la libre disposition des communes duComminge (Haute-Garonne), duCouserans, du comté de Foix(Ariége) et delà montagne Noire (Tarn), sansque l’on s’occupât de revendiquer en faveur de l’État des propriétésqu’il avait autrefois possédées en vertu de titres les plus authentiques.
§ III.
Des mesures prises pour arrêter la dévastation des forêts.
L’ordonnance de Charles V, de 1376, renouvelée en 1402 parCharles Vif, et en 1515 par François I er , avait apporté dans l’admi-nistration forestière de véritables améliorations, mais applicables seu-lement aux forêts royales. Une autre ordonnance, celle de 1518 (3),offrit la première disposition favorable aux bois n’ayant pas cette ori-gine; elle prononçait des peines sévères pour la répression des délitset malversations, en défendant et en punissant le défrichement dans lesbois du domaine royal ; elle contenait entre autres dispositions que lesprinces, prélats, seigneurs, nobles, vassaux et autres, pouvaient, si bonleur semblait, user dans leurs bois et forets des dispositions et dé-fenses concernant les bois royaux.
La population rurale, habituée à ne supporter aucun frein, paralysapar une vive résistance les effets qui pouvaient résulter de ces bon-nes dispositions.
Henri II, en 1554, François II, en 1559, s’occupèrent aussi d’amé-liorer l’administration; mais ce fut en 1563, sous Charles IX, que la
(1) Lois forestières, 1. 1 , p. 506. — (2) Traité des forêts d’arbres résineux, p. 83et suivantes, — (3) Société des conférences forestières.