CHAPITRE IX.
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les Carlovingiens ; Charlemagne ordonna lui-même le déboisement decertains cantons de ses forêts (1). Pendant le neuvième siècle, d’im-portants déboisements eurent lieu (2).
Les usagers et l’affouage, soumis à aucune règle, furent des causesde dévastation des forêts.
Déjà, au douzième siècle, dans certains cantons forestiers, les dé-vastations avaient etc telles, qu’à peine les seigneurs et leurs gens trou-vaient-ils le bois nécessaire à leurs besoins (3). Je citerai notammentla forêt d’Altholt.
L’empereur Henri VII, en 1309, fit replanter la forêt de Nuremberg,qui avait été défrichée cinquante ans auparavant (4).
Des colons s’établissaient par centaines dans des forêts défrichées, ybâtissaient des chaumières aveejardins potagers (5).
Les seigneurs mirent bientôt un frein à ces désordres ; mais les guer-res fréquentes qui eurent lieu en Allemagne arrêtèrent les bons effetsdes mesures prises.
On voit qu’en Allemagne, comme ailleurs, les progrès de la civili-sation et l’exubérance de la population ont contribué puissammentau déboisement.
Si nous nous transportons en Angleterre, nous trouvons que descauses semblables à celles que nous avons indiquées ont contribué audéboisement des forêts.
Du temps de César, la Grande-Bretagne était couverte de bois, puis-qu’il l’appelle horrida sylvis. L’an 207 de notre ère, au rapport deDion Cassius et d’Ilérodien, les légions romaines et les troupes auxi-liaires furent employées par l’empereur Sévère à abattre'ces forêts.
Les divers souverains qui ont régné sur l’Angleterre et l’Écossc neparaissent avoir eu qu’un but en conservant les forêts qui avaientéchappé aux Romains : celui de se ménager la conservation du gibier ;mais les développements successifs de la civilisation ont peu à peuamené la destruction de ces forêts, à tel point que cette contrée estaujourd’hui celle qui est le plus dépourvue de bois en Europe.Dans les trois royaumes, comme nous l’avons déjà dit, une autrecause a hâté la destruction des forêts : le pouvoir, voulant enlever toutrefuge aux montagnards en Écosse, aux outlaws en Angleterre et auxwhite-boys en Irlande, abattit les bois.
Jean de Laucastrc employa vingt-quatre mille ouvriers pourabaltrc les
(I) Capit. de Vittis, 30—(2) Kg. Anton, Geschichte der deutschcii Landwirth-schaf, t. I, p. 459 et suivantes (Oœrliz, 1799). — (3) Anton, Geschichte, etc-, t. 1,p. 327.— (4) Alf. Maury, p. lut. — (5) Giulunus, Codex diplomatie, mogunt.,t. 1, p. 235.