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de réparer les désastres causés dans les forêts par la révolution et lescauses incessantes qui avaient agi dans les siècles antérieurs. La restau-rat ion, pressée par diverses exigences, ne le fit pas non plus ; bien aucontraire, elle aliéna une partie des bois de l’État, avec faculté de dé-fricher. Les forêts ont donc toujours été victimes des commotions po-litiques. A la paix seule appartient de défricher les landes et les terresen friches, et de planter celles qui ne peuvent être appropriées auxbesoins de l’agriculture.
CHAPITRE X.
Des effets du déboisement.
§ I.
Effets du déboisement sur les sources.
On a observé depuis longtemps que le déboisement tarit ou di-minue les sources et exerce aussi une influence plus ou moins mar-quée sur la quantité d’eau vive qui coule dans une contrée. Ungrand nombre d’observations ont déjà été rapportées à cet égard,mais nous ne mentionnerons que les plus probantes.
De Saussure (t) signale déjà la diminution des eaux des lacs deSuisse à la suite de défrichements, notamment de celles des lacs deMorat, de Neuchâtel et de Bienne,
Choiseul-Goulfier n’a pu retrouver dans la Troade le fleuve Sca-mandre, qui était encore navigable du temps de Pline; son lit est aujour-d'hui entièrement desséché ; mais les cèdres qui couvraient le montIda, où il prenait sa source, ainsi que le Simoïs, n’existent plus.
M. Boussingault (2), pendant son séjour en Bolivie, a étudié cettequestion ; il a pris pour base de ses observations des lacs situés dansdes plaines ou sur les divers étages de montagnes, lesquels peuventêtre considérés comme des jauges naturelles, destinées dévaluer sur unetrcs-grande échelle les variations résultant de la quantité d’eau cou-rante qui arrose un pays.
Le niveau moyen des eaux, des lacs qui n’ont pas d’issue varie àdifférentes époques de l’année, selon que la saison est sèche ou plu-
(1) Voyage dans les Alpes, t. Il, cliap. XVI.
(2) Annales de physique et de chimie, t. I.XIV, p. 113.