CUAl’ITilE X.
508
telle sorte que des terrains qui se trouvaient sous les eaux, il y atrente ans, sont aujourd’hui livrés à la culture. L’examen des lieux etl’enquête faite par M. Boussingault lui ont démontré que ce change-ment était dû à la disparition des nombreuses forêts qui ont été abat-tues.
D’autres lacs, tels que celui de Tota, peu éloigné de Fuquené, si-tués dans des localités où il n’y a pas eu de déboisement, n’ontéprouvé aucune diminution dans leurs eaux.
M. Desbassyns de Richemont a constaté également qu’il existe dansl’île de l’Ascension une belle source au bas d’une montagne, laquelles’est tarie par l’effet du déboisement et a retrouvé ses eaux quand lamontagne a été reboisée. Il ne reste donc plus aucun doute à l’égardde l’influence exercée par les bois sur la conservation des eaux vivesdans une contrée.
On conçoit parfaitement qu’un sol couvert d’arbres est moins pro-pre à favoriser l’évaporation qu’un terrain déboisé. Qui n’a remar-qué, en effet, en parcourant une route traversant successivement unpays découvert et un pays boisé, quelque temps après une saison plu-vieuse, que la partie boisée est encore couverte de boue, tandis quel’autre est entièrement sèche.
Mais cette diminution des eaux courantes par suite de défriche-ments doit-elle être attribuée à une moindre quantité de pluie, à uneplus grande évaporation ou à une nouvelle répartition des eaux plu-viales? Les observations suivantes serviront à montrer les difficultésqu’on éprouve à répondre d’une manière précise à ces questions.
En 1826 , les montagnes métallifères de Marmato ne présentaientque quelques misérables cabanes, habitées par des nègres esclaves.En 1830 , cet état de choses n’existait plus; il y avait de nom-breux ateliers et une population de 3,ooo habitants. On avaitété forcé d’abattre beaucoup de bois, le défrichement n’était com-mencé que depuis deux ans, et l’on s’apercevait déjà de la dimi-nution dans le volume des eaux employées au travail des machines.Cependant un pluvimètre prouva à 31. Boussingault que la quantitéd’eau tombée la seconde année avait été plus forte que celle recueilliependant la première. Ce fait tend donc à prouver que le déboisementpeut diminuer et faire disparaître des sources, sans qu’il tombe pourcela une moins grande quantité de pluie.
D’un autre côté, 31. Berghaus'i) a avancé que le volume des eaux
(i) Cours d’agriculture de M. deGasparin, t. Il, p. 148.