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Des climats et de l'influence qu'exercent les sols boisés et non boisés / par M. Becquerel
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CUAlITilE X.

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telle sorte que des terrains qui se trouvaient sous les eaux, il y atrente ans, sont aujourdhui livrés à la culture. Lexamen des lieux etlenquête faite par M. Boussingault lui ont démontré que ce change-ment était à la disparition des nombreuses forêts qui ont été abat-tues.

Dautres lacs, tels que celui de Tota, peu éloigné de Fuquené, si-tués dans des localités il ny a pas eu de déboisement, nontéprouvé aucune diminution dans leurs eaux.

M. Desbassyns de Richemont a constaté également quil existe danslîle de lAscension une belle source au bas dune montagne, laquellesest tarie par leffet du déboisement et a retrouvé ses eaux quand lamontagne a été reboisée. Il ne reste donc plus aucun doute à légardde linfluence exercée par les bois sur la conservation des eaux vivesdans une contrée.

On conçoit parfaitement quun sol couvert darbres est moins pro-pre à favoriser lévaporation quun terrain déboisé. Qui na remar-qué, en effet, en parcourant une route traversant successivement unpays découvert et un pays boisé, quelque temps après une saison plu-vieuse, que la partie boisée est encore couverte de boue, tandis quelautre est entièrement sèche.

Mais cette diminution des eaux courantes par suite de défriche-ments doit-elle être attribuée à une moindre quantité de pluie, à uneplus grande évaporation ou à une nouvelle répartition des eaux plu-viales? Les observations suivantes serviront à montrer les difficultésquon éprouve à répondre dune manière précise à ces questions.

En 1826 , les montagnes métallifères de Marmato ne présentaientque quelques misérables cabanes, habitées par des nègres esclaves.En 1830 , cet état de choses nexistait plus; il y avait de nom-breux ateliers et une population de 3,ooo habitants. On avaitété forcé dabattre beaucoup de bois, le défrichement nétait com-mencé que depuis deux ans, et lon sapercevait déjà de la dimi-nution dans le volume des eaux employées au travail des machines.Cependant un pluvimètre prouva à 31. Boussingault que la quantitédeau tombée la seconde année avait été plus forte que celle recueilliependant la première. Ce fait tend donc à prouver que le déboisementpeut diminuer et faire disparaître des sources, sans quil tombe pourcela une moins grande quantité de pluie.

Dun autre côté, 31. Berghaus'i) a avancé que le volume des eaux

(i) Cours dagriculture de M. deGasparin, t. Il, p. 148.