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Des climats et de l'influence qu'exercent les sols boisés et non boisés / par M. Becquerel
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EFFETS DD DÉBOISEMENT. 311

rapides et couvertes de végétation sur toute leur hauteur, et qui, quoi-que boisées, sont à peine sillonnées par de minces filets deau ; tandisque, dans lEmbrunais, aussitôt que les forêts ont disparu des flancsdune montagne et que la végétation ne sen est pas emparée , cettemontagne devient la proie des torrents.

Dans les vallées dirigées de lest à louest, les versants nord sont gé-néralement boisés ou tapissés de végétation, tandis que les versantssud sont dénudés et arides ; aussi y a-t-il moins de torrents dans lespremiers que dans les seconds. La pente qui regarde le nord, conser-vant plus longtemps les neiges, retient mieux lhumidité, est à labrides vents brûlants du sud et se trouve dans les conditions voulues pourque la végétation sy développe avec assez de force pour résister auxpluies orageuses.

La conséquence à tirer de est que lhumidité dans les montagnessoppose à la production des torrents : 1° en rendant les ondées plusrares et moins violentes, 2 ° en développant une végétation vigoureusequi donne de la solidité au sol et le rend plus apte à résister aux eauxtorrentielles.

Les faits généraux qui suivent présentent nettement létat de laquestion :

i° Les terrains traversés par des torrents dorigine récente sont en-tièrement dénudés; *

2° Des revers récemment déboisés sont promptement rongés pardes torrents de nouvelle formation. Par conséquent, les forêtstombent il y a production dune multitude de torrents : cest un faitgénéral dans les Alpes ;

3° Lorsque, sur des versants couverts de détritus de roches quicouronnent la cime des montagnes, la végétation se développe avecvigueur, les racines senlacent avec force, en formant un réseau, onne tarde pas à voir des forêts épaisses de sapins et de mélèzes garnir le sflancs de la montagne. Vient-on à faire des coupes inconsidérées dansle sens des pentes, les eaux sécoulent dans ces directions, emportantavec elles la terre végétale, et un sillon ne tarde pas à se former. Cesillon sélargit, sétend avec le temps et finit par former un torrent.Dans les parties le bois na pas été abattu, rien de semblable nalieu.

Presque toute la partie Est du département des Hautes-Alpes pré-sente des effets de ce genre.

On voit donc que la présence dune forêt sur un sol fortement in-cliné soppose à la formation des torrents, tandis que le déboisement