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Des climats et de l'influence qu'exercent les sols boisés et non boisés / par M. Becquerel
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EFFETS DU DÉBOISEMENT. 313

destruction ; en les enlevant, on tend sans cesse à les niveler et à en-combrer les plaines de leurs débris.

31. Fabre, dans son Essai sur les causes et les effets des torrents,avait déjà signalé, en 1797, dans les départements du Var et desBasses-Alpes, les faits que nous venons dexposer (p. 04 et suiv.).

Il présageait la ruine des montagnes si lon persévérait dans cetteancienne habitude de les déboiser. Depuis lors, ni les habitants, niladministration nont pris aucune mesure efficace pour sopposer àun ordre de choses dont les suites peuvent être funestes pour le pays.

Bien des causes sy sont opposées et sy opposent encore :

1° Une bonne partie des Alpes était déjà déboisée quand parut lor-donnance de 16G9 qui interdit le défrichement aux communautés ;

2° La révolution laissa gaspiller une superficie considérable de fo-rets en laissant beaucoup de communes semparer de bois très-éten-dus, que le domaine ne revendiquait pas, et qui furent abattus de suite ;

3° La loi du 9 floréal an xi ne fit cesser le désordre quen partie,car il existe des causes qui conspirent sans cesse à détruire insensible-ment les forêts, causes qui sont, suivant 31. Surel, relatives à la ma-nière dont seffectuent les coupes.

La plupart des arbres étant résineux et ne se reproduisant pas desouche, ces forêts ne sont pas exploitées par coupes réglées. On abat desarbres çà et dans les parties les plus fourrées. Ce mode dexploitation,qui ne peut se faire sans briser beaucoup de jeunes sujets, est pénible et'même dispendieux pour les exploitants, aussi nest-il pas suivi pareux; ils en adoptent dautres dont les effets sont beaucoup plus des-tructeurs.

Dun autre côté, la plupart des communes ont successivement ob-tenu des ordonnances royales qui autorisent le pâturage des bêtes àlaine dans leurs propres forêts. Elles tolèrent aussi lenlèvement desdétritus qui servent à la formation de lhumus, un des principaux élé-ments de la végétation.

Il faut joindre encore à ces fâcheuses concessions les difficultés quela nature du pays oppose à la surveillance des gardes, et le manque defonds nécessaires pour faire convenablement les semis, les transplan-tations et les améliorations. Ceci ne sapplique, bien entendu, quà lapartie Est du département des Hautes-Alpes, attendu que la partieOuest ne se trouve pas dans les mêmes conditions; les régions sontmoins élevées, les essences plus variées, les avalanches moins dévas-tatrices, les gardes plus nombreux à égalité de superficie.

Nous terminerons ce que nous avons à dire touchant les effets du