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Des climats et de l'influence qu'exercent les sols boisés et non boisés / par M. Becquerel
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CHAPITRE X.

déboisement dans les Hautes-Alpes, en rapportant un passage d’unécrit publié sur ce sujet, en 1 806 , par II. Héricart de Thury :

« Dans ce magnifique bassin (celui d’Embrun) la nature ayait tont« prodigué. Les habitants ont joui aveuglément de ses faveurs ; ils se« sont endormis au milieu de ses dons ; ingrats, ils ont porté inconsi-« dérément la hache et le feu dans les forêts qui ombrageaient les« montagnes escarpées, la source ignorée de leurs richesses. Bientôt« ces pics décharnés ont été ravagés par les eaux. Les torrents se sont« gonflés; ils sont tombés avec fureur sur les plaines; ils ont coupé,« arraché, ruiné leurs bases. Des terrains immenses ont été enlevés;« d'autres ont été engravés : ceux-ci sont recouverts de roches, ceux-là

• n'offrent plus qu’un gravier stérile. Les ravages continuent, on n’op-« pose aucun obstacle à leur furie. Bientôt Crevoux, Boscodon, Sa-« vines et tous les torrents auront anéanti ce beau bassin, qui, na-

• guère, pouvait être comparé à tout ce que les plus riches contrées

• possèdent de plus fertile et de mieux cultivé. *

Le déboisement n’est pas la cause seule des torrents, il faut encorey joindre les défrichements et la dépaissance.

Les terrains couverts de prairies résistent à l’envahissement detorrents comme s'ils étaient couverts de bois, les observations laitesjusqu'ici tendent du moins à le démontrer. Les racines du gazonforment nn feutre qui donne de la consistance au sol et le rend per-méable aux eaux. Quand un terrain est déboisé, les prairies ne suc-cèdent pas immédiatement; on le livre aux troupeaux, après quoi onle convertit en champs labourés on en pâturages. S'il est horizontal,il n’en résulte aucun inconvénient ; mais il n’en est pas de même süest eu pente plus ou moins rapide. Dans ce cas, après le défrichement,le soi, étant meuble, est enlevé plus ou moins promptement apres kspremières averses, et 11 ne reste pîns que le roc nu.

L’ordonnance de 1669 avait prévu eet effet en défendant les défri-chements sur ks terrains en pentes non boisées; mais, comme les tri-bunaux n’ont jamais appliqué cette partie de l’ordonnance, on doit 3»considérer comme non avenue.

Passons à la dépaissance. Lorsque des terres ont été cultivées, ouksabandonne aux troupeaux. Les communes, depuis un temps immémo-rial , afferment leurs montagnes aux bergers de la Provence, qm yconduisent, au printemps, de nombreux troupeaux de moutons, fripassent en commun avec ks troupeaux du pays, eu sotte que cenombre est bon de proportion avec ks herbages que le sol peut jî®-dasre. Le Dévoby, qui compte à peine 2,500 habitants, nourrit ®