CHAPITRE X.
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ment dans les Alpes. Dans un tel état de choses, M. de Gasparin nedissimule pas qu’il est facile de prévoir l'époque « où ces pays devront« être abandonnés par la population, qui aura détruit et ses vallées« et ses montagnes, par l’abus désordonné de ces jouissances viagères« que l’on n’a pas cherché à réprimer à temps, parce que l’on n’a com-« pris le danger que quand le mal était déjà fort avancé, parce que« l’existence des populations elles-mêmes semble aujourd’hui liée au* produit de ces déplorables exploitations. »
On en a agi autrement snr les Apennins de Toscane et dans les Cé-vennes : tout en défrichant, on a conservé le sol en le divisant en ter-rasses soutenues par des murs ou des gazonnages. On a été du resteobligé d’en agir ainsi, parce que l’on avait à cultiver des mûriers, desvignes et des oliviers, qui exigent constamment une certaine épaisseurde terre pour prospérer.
Revenons aux torrents; le reboisement est un moyen de les étein-dre, ou du moins de les transformer encours d’eau inoffensifs. M. Su-rel conseille de boiser le sol dans leur partie supérieure, puis lesdeux rives, de manière à former une zone continue et boisée, ayant40 mètres de largeur dans le bas, et finissant par embrasser un es-pace de 4 à 500 mètres qui envelopperait toutes les branches des tor-rents et leur point d’origine.
M. Gras, qui a étudié les torrents sous le point de vue géologique,en faisant intervenir dans leur production la nature du sol, a été con-duit aux deux propositions suivantes :
« i° Tontes les fois qu’un torrent charrie une très-grande quantité« de débris, on est sûr, si l’on remonte à son origine, de trouver qu’ils« sont le produit de la dégradation d’un grand rocher escarpé dontb la base tendre et friable n’est protégée ni par des amas de débris, ni« par la végétation ;
« 2° Et réciproquement toutes les fois que la base d’un escarpemento facilement destructible n’est pas recouverte, soit par des débris, soit« par la végétation, il s’v forme des torrents à lit de déjection, dont Ira« ravages sont proportionnels à l’étendue du bassin de réception taillé« dans les flancs de l’escarpement. » M. Gras n’adopte pas dans sonentier le système de M. Surel, du moins il ne le regarde pas commegénéralement applicable, et il a raison ; ainsi il ne le pourrait être auxtorrents à bassins escarpés, à canal de réception entourés de débris,et ayant une pente de 45° dans une masse nue et friable, sur laquelletoute x égétation est impossible. Il n’y a qu’un seul moyen praticablesuivant lui : c’est tout simplement la création artificielle d’un plan