CONSTANCE ET VARIABILITÉ DES CLIMATS. 545
des vendanges. Il ne faut donc pas aller chercher un changementde climat pour l’expliquer.
Passons maintenant aux études qui ont été faites pour déterminerles climats anciens en s’aidant du peu de documents scientifiques donton a pu disposer et des relations consignées dans les auteurs anciens ?relations dont on a tiré souvent des conséquences qui ne sauraient êtreadmises.
§ II.
Des climats dans les temps anciens.
Les climats ont dû se modifier à mesure que le relief de la terrechangeait et que sa température s’abaissait par l’effet du rayonnementdans les espaces célestes.
Pour avoir une idée des climats aux diverses époques géologiques,il faut recourir aux débris de corps organisés qui se trouvent dansles terrains de sédiment et étudier leur organisation, afin d’en dé-duire les conditions physiques dans lesquelles ils ont vécu et d’acquérirquelques données sur la composition de l’atmosphère, sa tempéra-ture et son état hygrométrique. Dans l’impossibilité où l’on est de sui-vre successivement les divers changements que les climats ont éprou-vés, nous nous arrêterons seulement à l’époque houillère et à celle del’apparition des Alpes principales (l).
On a remarqué que dans la Flore houillère, sur un point quelconquedu globe, il y a uniformité dans les genres de végétaux qui la compo-sent, sinon dans les espèces.
Les palmiers et les conifères, qui semblent se fuir aujourd’hui, sontréunis, suivant M. de J-Iumboldt, dans le terrain houiller, et même jus-que dans une partie des terrains tertiaires.
M. Jameson a reconnu, de son côté, l’identité des plantes qui com-posent les houillères des contrées boréales de l’Amérique avec cellesdu même terrain de notre continent. M. R. Brown a fait la même ob-servation à l’égard des houillères de la Nouvelle-Hollande. M. A. Bron-gniart a confirmé cette assertion en examinant quelques débris appor-tés de l’Australie et de l’Inde, et provenant de l’époque houillère. Ona dû en inférer qu’à l’époque houillère il y avait uniformité de végé-tation sur toute la surface de la terre, et par suite égalité dans la tem-pérature.
(I) Becquerel et Ed. Becquerel, Traité de météorologie et de physique terrestre »p. 134.