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Des climats et de l'influence qu'exercent les sols boisés et non boisés / par M. Becquerel
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CHAPITRE XI.

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« fiées à plusieurs source?, que nous vendangeons plus tard qu’autre-« fois. Ce fait doit être attribué au morcellement des terres. Le cul-« tivateur, devenu propriétaire, s’est plus préoccupé de la quantité« que de la qualité des produits. Dans pe but, il a couvert sa vigne« d’un plus grand nombre de ceps. Ce nombre, qui était de 810« par ouvrée (4 ares 28 centiares) dans l’ancienne culture, a été porté« à 1,090 et plus. Il en est résulté plus d’ombre dans les vignes. Le« fruit a été plus abrité contre l’action desséchante des vents. Le« sol, restant plus humide et étant plus chargé d’engrais, a pro-« longé la végétation ; et, par suite de cette riche alimentation portée« sur les feuilles, il n’y a point eu élaboration complète des sucs des« fruits. On a donc été obligé de retarder l’époque de la vendange« pour obtenir, par la prolongation de la chaleur, les qualités requises« dans la production du bon vin. »

Une expérience de M. Alexis Perrey (l) est venue confirmer cettemanière de voir :

« J’ai fait mettre quelques voitures de fumier et de marc dans une« portion de vigne située dans le Chambertin, et dans laquelle les ceps« étaient faibles, les tiges tout à fait grêles. Cette année, à l’époque des« vendanges, cette partie se distinguait de loin de la partie voisine ; les« feuilles, plus nombreuses d’ailleurs, étaient d’un vert plus frais, les« sarments plus forts, et Jes raisins, sensiblement plus nombreux eta plus gros, étaient bien certainement moiqs avancés de quelques« jours. » Celte expérience est assez décisive, en ce qu’elle se trouvecorroborée par des observations analogues faite? par des vigne-rons.

A l’appui de ce qui précède, nous ferons observer que jadis on osaità peine mettre du fumier daps les vignes à vins fins.

Pendant le dix-huitième siècle, la viticulture ne paraît pas avoiréprouvé de variations dans la Côte-d’Or, et l’époque moyenne desvendanges est restée fixée au 24 septembre. Les changements n’ont eulieu que depuis 1793 oh, le sol ayant été morcelé, les propriétaires,devenus plus nombreux, la viticulture fut modifiée. L’antique pineaufut conservé dans les grands crus ; mais on a cherché à lui donnerplus de force, plus de corps ; et quand le bois était trop frêle, on n’apas hésité à employer les engrais, quoiqu’à de rares intervalles. De làles effets signalés et un retard d’une semaine dans l’époque moyenne

(1) Annuaire météorologique delà franco, de )85l, page 9.os.