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Des climats et de l'influence qu'exercent les sols boisés et non boisés / par M. Becquerel
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CONSTANCE F.T VARIABILITÉ DES CLIMATS. 545

moyenne des températures qui sobservent, sous les mêmes parallèles,dans les autres parties du monde ; tandis quaujourdhui cette tempé-rature est différente par suite des changements de relief. Quoi quil ensoit, les palmiers ont cessé de végéter en Europe depuis lors, et lesplantes cotylédonées ont considérablement accru en nombre. Leséléphants, les rhinocéros, les panthères ont cessé deparaitre ; la faunea été remplacée par celle qui existe aujourdhui.

§ 111 .

Des climats depuis les temps historiques.

En faisant abstraction des effets résultant du déboisement, du dé-frichement ou des changements apportés à la culture, le climatdun lieu quelconque est-il resté constant depuis les temps historiques,ou bien a-t-il éprouvé des changements successifs?

Fourier (1) a démontré que la chaleur centrale de la terre na plusquune influence excessivement faible sur létat calorifique de sa sur-face, et quen supposant que le soleil néprouvât aucun changementdans sa constitution physique, létat actuel différait très-peu de celuiauquel notre globe devrait parvenir. Suivant un calcul approximatif,la chaleur centrale nélèverait pas la température de la surlace de ^ dedegré au-dessus de ce quelle doit être sous linfluence du rayonne-ment solaire et stellaire.

Pour donner une idée de la limite au-dessous delaquellei! faut pla-cer la variation de température de la surface du globe, nous dironsque, daprès le nombre énorme de siècles écoulés depuis lorigine du re-froidissement, on ne peut pas lévaluer au-dessus de 57^,, de degrécentigrade par siècle. Ainsi, depuis lécole dAlexandrie jusquà cejour, la chaleur centrale, en se dissipant dans lespace, na pas faitéprouver à la surface terrestre un abaissement de température égal à

à rfro de de § -

Nous pouvons citer quelques exemples qui prouvent que la tempé-rature de la surface terrestre, toutes choses égales dailleurs, na 0éprouvé aucune diminution appréciable ; car si la terre sétait refroidie,son diamètre serait devenu moindre, la vitesse de rotation aurait aug-menté, et la durée du jour sidéral serait moindre , ce qui nest pas,puisquecette durée mesuréedu temps de lécole dAlexandrie et de nosjours sest trouvée la même ; donc le refroidissement de la terre a étéinsensible depuis deux mille ans.

(1) Voir Becquerel, Traité de physique terrestre et de météorologie,^. 43.