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CHAPITRE XI.
M. Arago est arrivé au même résultat en comparant les températu-res moyennes nécessaires pour la maturation de certains fruits (i). Dutemps deMoïse, dans les environsde Jéricho, appelée Ville des palmiers,les dattes mûrissaient, et on les préparait comme fruits secs. A Palerme,qui a une température moyenne supérieure à 17°, on cultive le dat-tier, mais le fruit ne mûrit pas ; il en est de même à Catane, qui a unetempérature moyenne supérieure de i°à 2°; à Alger, qui a une tempé-rature moyenne de 21°, les dattes mûrissent bien. On doit conclurede là que, dans la Palestine, aux temps bibliques, la températuremoyenne ne devait pas être inférieure à 21 °.
A Jéricho, la vigne était cultivée pour vin.
Suivant M. Léopold delSuch, la contrée la plus méridionale où lavigne soit cultivée est l’iie de Fer, dans les Canaries, dont la tempéra-iature moyenne est de 2 1 ° à 22 °. Au Caire, qui possède une tempéra-rature moyenne de 22°, il n’y a pas de vignes, mais seulement descepsdans les jardins; en Perse, à Abusheer, dont la température moyenneest de 23°, les ceps doivent être abrités pour fructifier. Tirons de là laconséquence que la température de la Palestine, du temps deMoïse, nedevait pas aller au delà de 21°,5. Or, d’après des calculs approximatifs,la température moyenne de Jérusalem étant aujourd’hui un peu su-périeure à 21°, il s’ensuit que, depuis plus de trois mille ans, celle dela Palestine n’apaséprouvéd’altération sensible. Des considérations dumême genre relatives à la culture du blé conduisent à la môme consé-quence.
La méthode de 31. Arago peut être employée avec avantage toutes lesfois que l’on a des données positives sur la température moyenne d’unlieu et sur celle qui est nécessaire à la maturation complète des fruits;mais on n’a encore malheureusement que peu de déterminations de cegenre.
M. Fuster a essayé de déterminer les climats des Gaules, à l’aidede documents historiques dégagés des considérations exposées dansle paragraphe premier, et qui atténuent beaucoup leur véritable va-leur.
Avant l’occupation romaine, on a très-peu de données sur le climatdes Gaules; mais Jules César, les ayant traversées dans tous les senspendant dix ans, a pu recueillir des renseignements qui jettent quel-que jour sur ce climat. Diodore de Sicile nous en fournit égalementqui peuvent être consultés. Ce climat ne devait pas être le même
fl) Annuaire du Bureau des longitudes, 1834.