CONSTANCE ET VARIABILITÉ DES CLIMATS. 549
« Entre ces lleuves sont situées les villes d’Avenio (Avignou), d’Arau-
« sium (Orange) et d’Aeria (le mont Vcntoux).Toute cette belle
« contrée est une plaine abondante en pâturages, excepté sur les routes« d’Aeria à la Durance, où il y a des défilés et des bois à traverser. »
« Il y eut cette année de grandes pluies au printemps, et les arbres« et la vigne commençaient déjà à se garnir de feuilles, lorsqu’il tomba« de la neige qui couvrit tout ; ensuite vint de la gelée qui brûla tout,
« les pousses de la vigne ainsi que les autres fruits déjà sortis. La ri-« gueur de la saison parvint à ce point, que les hirondelles et les au-« très oiseaux venus des régions lointaines périrent par la violence« du froid (l). »
« En cette année il y eut, après les fêtes de Pâques, une si terrible« pluie, accompagnée de grêle, que, dans l’espace de deux ou trois« heures, on vit, à travers les plus petites vallées, courir d’énormes« torrents.
« Des arbres fleurirent en automne, et donnèrent des fruits pareils à o« ceux qui avaient déjà été cueillis.
« Des roses parurent au neuvième mois.
« Les rivières grossirent outre mesure, et de telle sorte qu’elles eou-« vrirent des endroits où les eaux n’étaient jamais arrivées, et ne firent« pas peu de tort aux semences (2). »
« La Gaule a un climat humide (3). »
« La Gaule est tellement humide, que l’été ne se passe pas sans« pluie (4). >>
«Le circius (O. N. O.) est souvent fatal aux édifices; les habi-« tants lui savent gré de ses ravages, parce qu’ils prétendent lui« devoir la salubrité de leur climat ; ce qu'il y a de sùr, c’est qu’Au-« guste, pendant son séjour dans les Gaules, lui fit des vœux dont il« s’acquitta (5). ><
« Les forêts, dans le nord, couvrent tout ce reste de la Germanie,
« dont leur nombre augmente le froid (6). »
« Quoique le terrain ne soit pas partout le même, il est en général«marécageux et couvert de bois, plus humide vers la Gaule, plus« exposé aux vents du côté de la Pannonie et du Norique, assez pro-« pre au blé, point du tout aux arbres fruitiers, fécond en trou-« peaux; mais l’espèce est ordinairement petite (7). »
« Le pays (la Bretagne) est fort pluvieux et presque toujours couvert
(1) Grégoire de Tours, liv. IX, p. 23—(2) Liv. IX. — (3) Sénèque, Quæst. nat-,III. 46,— (4) Sénèque V, 17.— (5) Pline, tiist. nat-, liv. XVI, § 2. — (6).Taeit.,Descript. German-, § 5. — (7) Id., V. Agricol-, § 12.