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Des climats et de l'influence qu'exercent les sols boisés et non boisés / par M. Becquerel
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CHAPITRE XI.

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«de brouillards; les froids sont modérés; les jours plus longs que« dans notre continent; les nuits si courtes, à la pointe de Tête, que« le jour qui fuit est à peine séparé du soir qui commence... Le terroir« ne souffre pas l’olivier, la vigne et ce qui ne croît que dans les« pays chauds. Au reste, il donne des grains et des fruits en abon-« dance. Tout y vient vite et mûrit tard, double effet de l’humidité du« sol et des pluies fréquentes (1). »

Il attribue à la Gaule chevelue (Gaule septentrionale) une tempéra-ture partout salubre , beaucoup de grains et de pâturages, avec uneagréable variété de bois immenses.

Jules Solin, contemporain de Pline, considère en général la Gaulecomme une terre très-favorisée, très-fertile, fournie d’arbres fruitiers,plantée de vignes et de jardins pourvus abondamment de toute sortede produits (2).

Pétrone cite les brouillards chez les Morins, les Ménapes, etdans leurvoisinage (Boulonnais, Flandre), brouillards si épais, qu’on ne voitpas le soleil plus de trois ou quatre heures au milieu du jour, mêmepar un ciel serein (3).

Il prend l’hiver gaulois comme type du plus grand froid.

Ausone, poète bordelais célèbre de la première moitié du qua-trième siècle, chante les saisons, les campagnes, etc., de la Gaule; ouvoit dans son récit que Bordeaux se recommande par un air doux, pardes hivers courts et des printemps prolongés (4).

Les nombreuses citations que nous venons de rapporter suffisent-elles pour en conclure, comme M. Fuster, que le climat de la France,lors de l’occupation romaine, était très-rude, plus rude qu’il n’estaujourd’hui, et qu’il a éprouvé, à différentes époques, des change-ments tels, que la température a dû passer successivement du froid auchaud et du chaud au froid? Non certes. Voici comment il raisonne :

« i° A l’arrivée des Romains dans les Gaules, le climat était froid« et humide ;

« 2° Après la conquête, le climat s’adoucit progressivement du sud« au nord ; le neuvième siècle marque la limite de l’adoucissement«du climat : il reste stationnaire pendant deux cents ans; et, vers« l’an 1200 , il reste dans une période de décroissement progressif de« température qui s’est prolongé jusqu’à nos jours. »

(1) Pomponiiis, trad. franc., 3 vol. in-8 u ; Paris, 1804; t. II, liv. 111, cliap. II. —

(2) Strabon, liv. IV— (3) Pétrone, Salyr, cliap. XIX— (4) Magni Ausonii Burdi-galeusis opéra, in-4°, Paris, 17o0, p. 415-417; AusoniuS Pauiino, XXIV, p. 514;Ordo nobilium urbhim, p. 217.