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Des climats et de l'influence qu'exercent les sols boisés et non boisés / par M. Becquerel
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CHAPITRE XI.

558

Diodore de Sicile, contemporain de César, parle ainsi de laGaule (i):

« La température de la Gaule (de quelle partie de la Gaule?) est ex-« trêmement froide et les hivers longs; dans cette saison, pendant« les jours nébuleux, au lieu de pluie, il tombe beaucoup de neige; et s*«l’air est serein, la gelée produit une glace tellement épaisse, qu e« les fleuves deviennent solides et se couvrent d’eux-mêmes de ponts« naturels. Les vents du couchant d’été et de l’ouest (nord-ouest et« nord) y soufflent habituellement avec une telle violence et une telle« rapidité, qu’ils soulèvent delà terre, des pierres )de la grosseur dua poing et une poussière épaisse mélée de cailloux et de graviers. Il faut« ajouter à ces inconvénients du climat l’excès du froid, qui altère as-« sez la température pour que la terre ne puisse donner ni vin, ni« huile. Les Gaulois sont néanmoins très-passionnés pour le vin ;« ils boivent tout pur et avec excès celui que le commerce leur ap-« porte.

« La glace est si épaisse, qu’elle porte non-seulement des voyageurs,« mais qu’elle permet encore en toute sûreté le passage des armées« avec leurs bagages et leurs chariots. Tous les cours d’eau, môme le« Rhône, présentent ce phénomène. Des étés très-chauds succèdent àa ces hivers. »

(2) « La Narbonnaise entière donne les mêmes fruits que l’Italie.« Cependant, à mesure que l’on s’avance vers le Nord et les Cévenncs,« l’olivier et le figuier disparaissent, quoique le reste y croisse. Il ena est de même de la vigne ; elle réussit moins dans la partie sep-« tentrionale de la Gaule ; tout le reste produit beaucoup de blé, de« millet et de glands, et abonde en bétail de toute espèce. Aucun ter-« rain n’y est en friche, si ce n’est les terrains occupés par les marais ou« par des bois ; encore les bois mêmes sont habités.

« La ville de Nîmes est située sur la route qui conduit de Tlbérie« en Italie, route assez belle en été, mais qui devient très-mauvaise« pendant l’hiver et le printemps, à cause du débordement des fleuves« et de la boue qui en résulte. Les inondations qui embarrassent et« qui dégradent les chemins proviennent des torrents qui se précipi-« tent des Alpes, quelquefois jusque vers l’été après la fonte des nei-« ges.... Le pays des Marseillais produit des oliviers et des vignes en« abondance; mais la rudesse du terroir fait que le blé y est rare.

( 1) Diodore, t. v, s. XV, p. 358, trad. de Miot. — ( 7 .) Strabon, liv. IV, cbap. IV,