CHAi'ITKE XI.
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donnèrent leur pays, ajoute : « Los autres s’arrcstôrcnt entre les monts« Pyrénées et les grandes Alpes, près des Sénonais et des Celtoriens, où« ils démonrèrent longtemps, jusqu’à la fin il leur advint de gouster*< du vin qui premier leur feut apporté d’Italie, dont ils trouvèrent le« breuvage si bon, et furent si transportés du désir de la volupté, que« soubdainement ils chargèrent leurs armes et emmenèrent femmes« et enfants, prenants leur chemin vers les Alpes, pour aller chercher« le pays qui produisoit un tel fruit, estimant toute autre terre stérile« et sauvage. »
Columelle (l) cite le raisin des Allobroges et deux espèces de vignespropres aux Gaulois, ajoutant que la Gaule fournit à l’Italie unepartie de ses vendanges.
Pline ne fait aucun cas du vin de la Gaule Narbonnaise, forméeprincipalement du Roussillon, du Languedoc et de la Provence. « On* a découvert, dit-il, dans la Viennaise une espèce célèbre ; le vin a le« goût de poix. L’Auvergne, la Séquanaise, les Helves en ont de pareil« depuis quelque temps. Ce vin était inconnu du temps de Virgile,« mort il y a quatre-vingt-dix ans (2). »
Ces citations et d’autres analogues montrent que, dans l’intervalled’un siècle, la culture de la vigne s’est introduite dans les Gaules,mais nullement qu’elle soit due à l’amélioration du climat; ce n’estlà qu’une simple supposition. Cette culture, du reste, a suivi la mar-che des défrichements; les coteaux privés de leurs bois ont été plantésen vignes, comme offrant une meilleure exposition.
Du temps de Domitien, les vignes avaient déjà atteint Autun, lors-qu’il les fit arracher dans les Gaules. Sous Julien, on se livrait à cesdeux cultures, celle de la vigne et du figuier. Dans les environs deParis, le figuier ne passait l’hiver que bien empaillé comme au-jourd’hui.
La limite de la culture de la vigne vers le Nord était alors ce qu’elleest encore à peu près aujourd’hui. Cela posé, pour prouver l’adoucis-sement du climat dans le quatrième siècle, M. Fuster s’appuie sur unpassage de Julien, qu’il n’a pas interprété convenablement.
Julien, dans sa lettre aux Athéniens, aurait dit que, de son temps,les blés étaient mûrs au solstice d’été dans le nord de la Gaule ; or, lesmoissons n’ayant lieu aujourd’hui, dans cette partie de la France, qu’àla fin de juillet, s’il était vrai que de son temps la maturité du fro-ment fût complète à la fin de juin, son assertion serait prouvée; mais
(1) Ve Re ruslica, lib. lll, cap. Il; lib. I, piæf. — (2) Plia., lib. XIV, § 3.