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Des climats et de l'influence qu'exercent les sols boisés et non boisés / par M. Becquerel
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CONSTANCE ET T AMABILITÉ DES CLIMATS. 531

M. Fuster, pour arrivera ces conclusions, nous dit, en s’appuyantsur les citations précédentes, queles Commentaires parlent souvent dela rigueur du climat des Gaules, plus froid que celui de la Bretagne; queles hivers étaient précoces, d’une âpreté excessive; que l’abondance desneiges interceptait les communications entre les'peuples du centre.

Nous retrouvons tous ces effets dans les années à intempéries ex-traordinaires; d’un autre côté, rien ne prouve que César, en parlantde la précocité de l’hiver dans la Gaule, n’en juge pas par compa-raison avec ceux de l’Italie.

Quant aux communications interrompues entre les peuples dutemps de César, par l’abondance des neiges, pareille chose se voit en-core aujourd’hui dans les contrées montagneuses des provinces duCentre. Ne traverse-t-on pas encore quelquefois aujourd’hui; non sansdanger, pendant une partie de l’hiver, certains plateaux de l’Auver-gne, du Valais, du Gévaudan et du Limousin?

Que doit-on conclure de ce que les hivers continuent à être plusrudes en France qu’en Angleterre ? Rien, puisque l’une continue àavoir un climat continental, et l’autre un climat marin.

On ne peut tirer non plus aucune induction du passage de Diodorede Sicile, relatif aux fleuves des Gaules et au Rhône lui-même, quigelaient jusqu’au point de porter des armées, puisque pareil phéno-mène se reproduit encore de nos jours, de temps à autre. Diodore nedit pas non plus que le fait soit habituel.

Le climat des Gaules, dit encore Diodore, ne permettait pas la cul-ture de l’olivier, du figuier et de la vigne. S’il ne parle que de laGaule celtique, il a raison relativement à la culture des deux pre-miers seulement, et nullement s’il s’agit de toute la Gaule : car Justinnous apprend qu’on se livrait en Provence à la culture de l’olivier àl’arrivée des Grecs phocéens.

A l’époque de l’occupation romaine, le climat de la Gaule était doncà peu près ce qu’il est aujourd’hui, sous le rapport de la température.

Examinons maintenant la valeur des documents relatifs à la cul-ture de la vigne dans les Gaules, documents que M. Fuster consi-dère comme péremptoires et décidant la question du changementde climat.

Tite-Live assure que les Gaulois ne cultivaient pas la vigne 389 ansavant notre ère, lors de l’expédition de Ilrennus (1).

Plutarque, en parlant des Gaulois de la nation celtique, qui aban-

(l) Plutarque in Camillo, lib XII, trad, d’Amyot, 1784.