CHAPITRE PREMIER.
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ressortissans, avaient soulevé un mécontentement violent. Desgens de l’Evêque furent assassinés, sa maison pillée. Les députésdes deux villes réprimèrent ces excès avec autorité, et donnèrentpleine satisfaction à l’Evêque.
♦ L’habitude des camps, la facilité des conquêtes, la richesse du
Lutin fait dans la dernière guerre, avaient profondément altéréle caractère de la nation suisse. Il en était resté un goût domi-nant pour le métier de la guerre, comme en apparence le plusfacile et le plus productif. Les chefs surtout le recherchaient,parce qu’il les maintenait au pouvoir, et que déjà les goûts aris-tocratiques avaient remplacé la simplicité des mœurs populaires.Les dominateurs avides de renouveler une situation conforme àleurs désirs, cherchaient à se satisfaire par l’oppression du peuple L
Nous nous abstenons de répéter les flatteries rampantes parlesquelles les hommes libres mendiaient la faveur des princes 2 .Leur service fini, les officiers revenaient chez eux comblés de titreset d’argent, et entourés de ce prestige que donnent une longueabsence et une réputation lointaine. Alors le peuple ébloui partous ces colifichets monarchiques, subissait une supériorité spé-cieuse. La corruption qui rongeait la surface de la société pénétrabientôt jusqu’aux entrailles. Le peuple voulut aussi participer àune spéculation, où il ne voyait que des avantages. Dégoûté dutravail et stimulé par l’appât des fortunes rapides, qu’il voyait s’é-lever à ses côtés, l’homme des champs ne vivait que pour le ser-vice étranger. L’homme des villes, le riche même lui donna lapréférence, parce qu’il y trouvait des titres et des honneurs. Unefureur épidémique d’émigration s’empara de tous les esprits, et la
? population diminua d’une manière effrayante 3 . Bientôt le com-
merce n’eut plus de commis, l’industrie plus d’ouvriers, l’agricul-ture plus de bras. L’œil embrassait des champs entiers couverts de
* Gloutz-Ulolzhciui, llist. de la Conf. Suisse, tome IX, cliap. 1. — 2 Ibid. —3 Ibid.