CHAPITRE II.
57
suite être traversé avec un pieu pointu. La peine fut toutefoiscommuée, et on l’étrangla dans un sac.
Le jugement suivant caractérise bien les mœurs de ce siècle :
Pierre Jetzeler avait tué Ilans Penchilli, du Gouggisbcrg (1504).Par sentence arbitrale , ratifiée par Mcsseigneurs, il fut réconciliéavec la famille de la victime, aux conditions suivantes : 1" Il nese trouvera jamais ni sur les chemins, ni à l’église, ni dans uncabaret, ni au marché avec un membre de cette famille jusqu'au3 e degré d’affinité, et à plus forte raison de sang. Dans toute ren-contre de ce genre, il se retirera sur-le-champ ; si c’est à l’au-berge, ce sera lorsqu’il aura mangé ce qui lui aura été servi. 2° 11fondera, pour 25 liv., une lampe perpétuelle dans l’église duGouggisberg, pour le repos de l’âme du défunt. 3° Il paiera, entrois termes, une indemnité de 105 liv. (valeur de Fribourg) à lafamille du défunt. 4° Il quittera, pour n’y plus rentrer, la justicedu Gouggisberg.
Une sentence semblable fut encore rendue 25 ans plus tard.Jean Dogis, bourgeois de Fribourg, ayant tué d’un coup d’ar-quebuse noble Guillaume Forney, ex-banneret de Yevey, la pa-renté du défunt conclut l’arrangement suivant avec le meurtrier :^° Il évitera la rencontre des parens sur toutes les places publi-ques. 2° Il ne viendra jamais à Vevey. 3° II paiera aux héritiersUne indemnité de 1300 liv., en dilTérens termes, et jusqu’à l’en-Uer acquittement, il fournira une caution, dans la personne dePierre Schmid.
On retrouve dans ces compositions pécuniaires, un vestige deAncienne loi des Franks 1 .
Par sentence du 18 septembre 1511, la langue devait êtrearr achée à Pierre Simon, jusqu’au gosier (sans doute pour avoir
as Phémé). Cependant le comte de Gruyères obtint sa grâce etratr ue l a restitution de ses biens qui furent évalués à cent écus.
Première Partie, Oiap. premier.