CÜAPITRE III.
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nouveau bourgeois 1 . Mais ce député y fut arrêté, de même quedeux de ses parens qui travaillèrent à son élargissement. Leurparenté trouvant que le Gouvernement ne s’y employait pas avecassez d’energie, se préparait à commencer contre Annecy unede ces petites guerres si communes alors. Il fallut la calmer aumoyen de 200 écus d’or que paya M. de Visconti
Le Duc, comme on devait s’y attendre, protesta contre celte in-signe friponnerie. Ses députés, à la tête desquels se trouvaitl’Evêque de Lausanne, représentèrent : 1° que le Duc Charlesn’était‘point autorisé à aliéner ses domaines; 2° que plusieursdes témoins cités par l’imposteur, étaient alors ou absens deChambéry ou alités par la maladie ; 3° qu’il était singulier quel’acte ne citât que des personnes décédées et que les deux villesn’eussent pas eu connaissance d’une transaction si importante;4-° que ce n’était pas la première fabrication, dont Dufour se fûtrendu coupable, qu’il avait déjà fabriqué des actes semblablespour d’autres puissances 3 , sans que celles-ci y eussent donnésuite.
Rien ne démontre mieux le cynisme de nos gouvernans d’alorsque l’accueil fait à un vil intrigant, en même temps transfuge etfaussaire, et l’obstination avec laquelle ils soutinrent une impos-ture manifeste. Les deux villes formulèrent leurs prétentions avecmenaces. L’Empereur, la France et le Pape durent intervenir etobtinrent à grande peine une réduction de la moitié de la sommerevendiquée. Le Duc dut en outre non-seulement confirmer leslettres d’émancipation d’Yolande, mais renoncer par écrit au titrede Seigneur de Fribourg, qui paraissait lui tenir tant à cœur, àtoute prétention sur cette ville et son territoire, ainsi que sondroit de rachat de Montagny. L’Evêque de Lausanne nous ap-porta lui-même l’acte de ces arrangemens définitifs. 11 nous remiten même temps plusieurs titres anciens, touchant Montagny, et
* A. C. — 2Ibid. — 3 L’Empereur, le Roi de France et Venise.